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Les nouvelles technologies comme outil thérapeutique

L’ordinateur et les nouvelles technologies permettent de travailler sur la re-médiation et à ce titre sont d’une grande aide pour les personnes âgées, qu’elles soient à domicile, en maison de retraite ou à l’hôpital. C’est en tout cas la position du professeur Roland Jouvent, psychiatre et directeur du centre Emotion (CNRS) du CHU la Pitié-Salpêtrière "Nous travaillons d’une part avec les nouvelles technologies dont la réalité virtuelle et, d’autre part, nous réalisons des e-thérapies".

L’expérience de la réalité virtuelle

La re-médiation assistée par ordinateur évite l’atrophie des neurones grâce à l’utilisation de logiciels adaptés pour la population âgée. Pour travailler la mémoire, l’ordinateur est d’une grande utilité car il fait exécuter une tâche plus ou moins simple un grand nombre de fois, et ce sans mobiliser trop de personnel hospitalier.

Autre utilisation des nouvelles technologies, la réalité virtuelle. « L’exemple le plus frappant chez les sujets âgés est celui de la peur de tomber, déclare Roland Jouvent. Nous traitons les patients en les immergeant dans un environnement virtuel représentant un espace dans lequel ils doivent se mouvoir, marcher, tourner, etc ». Comme le cerveau se fatigue plus vite, les tâches courantes demandent plus d’efforts et deviennent angoissantes. C’est le vieillissement cognitif. Le stress inhibe le sujet âgé qui, peu à peu, se retire chez lui. Avec des exercices de réalité virtuelle, le sujet reprend confiance en lui. Par séance de dix minutes environ, le sujet est placé dans un univers virtuel dans lequel il peut se déplacer en sécurité. D’abord assis, il est ensuite debout dans la salle, avec une assistante en recherche clinique toujours près de lui. « Les résultats sont bons, presque trop. Les patients n’ayant plus une bonne conscience de leur corps se mettent à « trotter » avec le risque, cette fois, de réellement tomber », analyse le professeur Jouvent.

Pour corriger cet excès de confiance, vient le deuxième temps du travail de re-médiation, la réalité augmentée. La réalité augmentée, c’est pour un peu comme la Wii, c’est une réalité virtuelle avec une webcam qui permet de s’apercevoir. Le patient se voit donc apparaître sur écran, inclus dans le jeu. Ainsi, grâce à ce qu’on appelle l’embodiement, il retrouve son corps dans sa réalité charnelle, avec ses limites. Ce deuxième temps permet à la personne âgée de retrouver des repères et de réajuster sa conscience d’elle-même.

Pour en savoir plus sur les consultations contre la peur des chutes, vous pouvez contacter le centre Emotion au 01 42 16 28 72.

Les bénéfices de l’e-thérapie

En vieillissant, on voit ses relations sociales diminuer. Ceci est gênant sur un plan affectif mais aussi sur le plan de la flexibilité cognitive. Qu’entend-t-on par là ? La faculté d’exécuter automatiquement et facilement des tâches routinières dont certaines de manière concomitante. Le sujet âgé ne peut conserver ses facultés intellectuelles que grâce aux interactions sociales.

Pour faire travailler la flexibilité cognitive, le service du professeur Jouvent commence par faire un bilan de la mémoire, des déficits d’attention, etc. Ensuite, une consultation se met en place qui devient progressivement une consultation à distance, un e-soin. C’est une thérapie assistée par ordinateur.

Le centre Emotion apprend à ses patients à se connecter sur un poste informatique pour se mettre en relation avec le thérapeute. Cet apprentissage prend souvent la forme de quelques journées d’hospitalisation de jour.

Le travail à distance se fait grâce à des logiciels – qui ressemblent à Skype – développés par le centre et reliés à un réseau sécurisé pour des raisons de confidentialité du soin. Le patient voit sur une partie de son écran la tâche cognitive à réaliser ou des objets de re-médiation et sur une autre son thérapeute.

Important pour le sujet âgé qui ne peut pas toujours se déplacer, le bénéfice est également économique et écologique en évitant les transports.