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Les troubles du sommeil

L’insomnie

L’insomnie se caractérise par des difficultés d’endormissement, des réveils au cours de la nuit, un réveil précoce le matin et une sensation de sommeil non réparateur, depuis au moins un mois, survenant au moins trois fois par semaine. Elle a un retentissement dans la journée : fatigue, irritabilité, difficulté de concentration, troubles de l’humeur…

En l’absence de cause, l’insomnie est dite primaire. L’insomnie peut avoir des causes variées – dans ce cas, elle est dite secondaire –  mais l’anxiété, le stress et la dépression, fréquentes chez les seniors, sont à l’origine de plus de la moitié des insomnies.  L’insomnie peut être liée à des facteurs environnementaux comme le bruit, la lumière, une température trop élevée dans la chambre… Certaines maladies peuvent également la provoquer, notamment chez la personne âgée :

  • des démences : les troubles du sommeil sont fréquents chez les sujets déments, en particulier chez les malades d’Alzheimer ;
  • la maladie de Parkinson ;
  • des troubles musculo-squelettiques entraînant des douleurs ;
  • l’augmentation de volume bénigne et banale de la prostate chez l’homme qui peut conduire à uriner souvent la nuit (nycturie) ;
  • des maladies cardiaques ;
  • des troubles respiratoires au cours du sommeil ;
  • l’augmentation de la sensibilité aux substances stimulantes telles le café, etc. ;
  • la prise de médicaments.

Le diagnostic d’insomnie repose d’abord sur le vécu du patient. Il peut aussi s’appuyer sur la tenue d’un carnet de sommeil et/ou sur un enregistrement du sommeil.

Le traitement de l’insomnie diffère selon sa cause : les médicaments hypnotiques (somnifères) ne sont utilisés que pour des traitements ponctuels car, au-delà de quelques jours d’utilisation, ils peuvent avoir des effets indésirables importants comme une accoutumance, une baisse de la vigilance.

Le syndrome d’apnée du sommeil

L’apnée du sommeil se caractérise par une obstruction du larynx qui empêche le passage de l’air et provoque des arrêts répétés de la respiration pendant le sommeil. La respiration ne pouvant reprendre qu’au cours de l’éveil, le syndrome d’apnée du sommeil entraîne des micro-réveils qui peuvent être très fréquents.

Le syndrome d’apnée du sommeil est principalement favorisé par un surpoids ou certaines caractéristiques morphologiques. Il touche 15 % des 60 ans et plus.

Il se manifeste en général par un ou plusieurs des symptômes suivants :

  • ronflements bruyants qui s’arrêtent brusquement et se répètent pendant la nuit ;
  • somnolence et endormissement involontaires au cours de la journée ;
  • envie répétée d’uriner la nuit ;
  • baisse de la libido ;
  • irritabilité ;
  • troubles de la mémoire et de l’attention.

Le syndrome d’apnée du sommeil entraîne à long terme des complications cardiovasculaires en raison du manque d’oxygène pendant le sommeil et des éveils répétés. Ainsi, les personnes souffrant de syndrome d’apnée du sommeil non traité ont deux fois plus de risque d’avoir un accident vasculaire cérébral et trois fois plus de risque d’avoir une hypertension artérielle.

Le diagnostic se fait au cours d’un enregistrement du sommeil appelé polysomnographie.
Le traitement varie selon le degré de sévérité de la maladie : masque nasal à porter pendant le sommeil, utilisation d’un appareil dentaire spécifique, intervention chirurgicale.

Le syndrome des jambes sans repos

Le syndrome des jambes sans repos touche environ 20 % des plus de 65 ans. Cette pathologie recouvre deux types de manifestations :

  • les impatiences des membres inférieurs qui correspondent à une sensation désagréable de picotement, de brûlure, ou de ruissellement qui est toujours accompagnée du besoin impérieux de bouger. Elles surviennent surtout le soir et la nuit, sont aggravées par l’immobilité, et sont soulagées, au moins partiellement, par le mouvement;
  • les mouvements périodiques au cours du sommeil qui sont des mouvements involontaires dont la personne n’a pas conscience. Ils touchent principalement les extrémités des jambes (orteils et pieds) mais peuvent parfois s’étendre au genou et à la hanche, voire aux membres supérieurs. Ces mouvements entraînent une fragmentation du sommeil et nuisent à sa qualité. Environ 80 % des personnes ayant des impatiences des membres inférieurs ont également des mouvements périodiques pendant leur sommeil.

Les origines du syndrome des jambes sans repos sont mal connues : une carence en fer, un diabète ou une insuffisance rénale peuvent être en cause. Une activité insuffisante chez des neurones utilisant la dopamine pour transmettre le signal nerveux d’un neurone à l’autre semble également pouvoir être en cause.

Il n’existe pas de traitement spécifique du syndrome des jambes sans repos. En cas de déficit en fer, un apport ferrique peut être efficace sur les symptômes. Des médicaments agissant sur la production de dopamine ainsi que des sédatifs et des antidouleurs peuvent également être utilisés.