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Sommeil

Environ 40 % des plus de 75 ans se plaignent de leur sommeil et la somnolence excessive dans la journée concerne 30 % des plus de 65 ans. Quels conseils prodiguer aux seniors et aux personnes âgées pour qu’ils retrouvent un bon sommeil, gage d’une bonne santé ?

Le mécanisme du sommeil

L’alternance veille sommeil

Le sommeil est un besoin physiologique. Les rythmes de sommeil sont régulés par une « horloge interne » réglée sur l’alternance jour/nuit. Située à la base du cerveau, cette horloge biologique est constituée par un petit groupe de neurones qui commandent les rythmes du corps grâce à la mélatonine, hormone dont la sécrétion est bloquée par la lumière. Ainsi, la mélatonine nous sert à mesurer le temps qui passe.

L’horloge biologique est réglée sur un rythme d’environ 24 heures, correspondant à l’alternance jour/nuit : c’est ce qu’on appelle la régulation circadienne.

Les cycles de sommeil

Le sommeil est constitué de cycles successifs. Chaque cycle de sommeil débute par du sommeil lent et s’achève par du sommeil paradoxal.

Le sommeil lent se compose de quatre stades : les stades 1 et 2 correspondent au sommeil léger, les stades 3 et 4 au sommeil profond :

  • Le stade 1 est un stade de transition : le dormeur, qui n’a pas l’impression de dormir, peut être réveillé par le moindre bruit.
  • Le stade 2 est le stade du sommeil confirmé, stade au cours duquel l’activité du cerveau diminue progressivement. Les muscles se détendent, la température corporelle et la pression artérielle diminuent, le cœur bat moins vite.
  • Dans les stades 3 et 4, le sommeil est profond et l’activité cérébrale ralentie. Il est difficile de réveiller le dormeur car son cerveau est de plus en plus insensible aux stimulations extérieures. L’hypophyse sécrète de l’hormone de croissance, le foie, le cerveau et les muscles reconstituent leurs réserves d’énergie.
  • A l’issue du stade 4 survient le sommeil paradoxal. L’activité cérébrale devient intense et est assez proche de celle de l’éveil. Des mouvements des yeux très rapides se produisent. En revanche, les muscles sont inertes. C’est au cours du sommeil paradoxal que l’on rêve le plus.

Les cycles de sommeil sont tous structurés de façon identique mais la proportion de sommeil lent et de sommeil paradoxal dans chaque cycle varie au cours de la nuit : la première partie de nuit contient plus de sommeil profond, tandis que le sommeil léger et le sommeil paradoxal sont plus présents en seconde partie de nuit.

Les spécificités du sommeil de la personne âgée

La quantité de sommeil la nuit – et surtout du sommeil profond – se réduit. La réduction du sommeil profond s’accompagne d’une sensation de sommeil plus léger.

Avec l’âge, le temps mis pour s’endormir augmente. Le délai d’endormissement, qui est normalement de moins de 30 minutes avant 50 ans,  peut aller jusqu’à plus de 45 minutes à 80 ans.

Le sommeil  est plus fragmenté avec des éveils nocturnes relativement fréquents. Un adulte jeune a très peu d’éveils au cours d’une nuit et lorsqu’un éveil survient il se rendort habituellement en quelques minutes. En revanche, dès la cinquantaine, les éveils nocturnes sont plus fréquents et quasi systématiques à chaque fin de cycle de sommeil. D’autres éveils vont survenir à l’intérieur même d’un cycle sans raisons apparentes ou liés à des difficultés particulières comme des douleurs ou un besoin d’uriner. De plus, la durée moyenne des éveils augmente ce qui est souvent mal accepté.

La quantité de sommeil se réduit progressivement avec l’âge. Si le besoin par 24 heures est de 8 heures environ chez l’adulte jeune, il avoisine les 7 heures vers 70 ans.

Avec l’âge, le coucher se fait plus tôt, c’est ce qu’on appelle l’avance de phase.  La personne âgée se réveille alors plus précocement ce qui est souvent confondu avec une insomnie par réveil précoce.

Le besoin de sommeil se répartit différemment sur 24 heures. Il existe une augmentation de la fréquence des siestes.

Les troubles du sommeil

L’insomnie

L’insomnie se caractérise par des difficultés d’endormissement, des réveils au cours de la nuit, un réveil précoce le matin et une sensation de sommeil non réparateur, depuis au moins un mois, survenant au moins trois fois par semaine. Elle a un retentissement dans la journée : fatigue, irritabilité, difficulté de concentration, troubles de l’humeur…

En l’absence de cause, l’insomnie est dite primaire. L’insomnie peut avoir des causes variées – dans ce cas, elle est dite secondaire –  mais l’anxiété, le stress et la dépression, fréquentes chez les seniors, sont à l’origine de plus de la moitié des insomnies.  L’insomnie peut être liée à des facteurs environnementaux comme le bruit, la lumière, une température trop élevée dans la chambre… Certaines maladies peuvent également la provoquer, notamment chez la personne âgée :

  • des démences : les troubles du sommeil sont fréquents chez les sujets déments, en particulier chez les malades d’Alzheimer ;
  • la maladie de Parkinson ;
  • des troubles musculo-squelettiques entraînant des douleurs ;
  • l’augmentation de volume bénigne et banale de la prostate chez l’homme qui peut conduire à uriner souvent la nuit (nycturie) ;
  • des maladies cardiaques ;
  • des troubles respiratoires au cours du sommeil ;
  • l’augmentation de la sensibilité aux substances stimulantes telles le café, etc. ;
  • la prise de médicaments.

Le diagnostic d’insomnie repose d’abord sur le vécu du patient. Il peut aussi s’appuyer sur la tenue d’un carnet de sommeil et/ou sur un enregistrement du sommeil.

Le traitement de l’insomnie diffère selon sa cause : les médicaments hypnotiques (somnifères) ne sont utilisés que pour des traitements ponctuels car, au-delà de quelques jours d’utilisation, ils peuvent avoir des effets indésirables importants comme une accoutumance, une baisse de la vigilance.

Le syndrome d’apnée du sommeil

L’apnée du sommeil se caractérise par une obstruction du larynx qui empêche le passage de l’air et provoque des arrêts répétés de la respiration pendant le sommeil. La respiration ne pouvant reprendre qu’au cours de l’éveil, le syndrome d’apnée du sommeil entraîne des micro-réveils qui peuvent être très fréquents.

Le syndrome d’apnée du sommeil est principalement favorisé par un surpoids ou certaines caractéristiques morphologiques. Il touche 15 % des 60 ans et plus.

Il se manifeste en général par un ou plusieurs des symptômes suivants :

  • ronflements bruyants qui s’arrêtent brusquement et se répètent pendant la nuit ;
  • somnolence et endormissement involontaires au cours de la journée ;
  • envie répétée d’uriner la nuit ;
  • baisse de la libido ;
  • irritabilité ;
  • troubles de la mémoire et de l’attention.

Le syndrome d’apnée du sommeil entraîne à long terme des complications cardiovasculaires en raison du manque d’oxygène pendant le sommeil et des éveils répétés. Ainsi, les personnes souffrant de syndrome d’apnée du sommeil non traité ont deux fois plus de risque d’avoir un accident vasculaire cérébral et trois fois plus de risque d’avoir une hypertension artérielle.

Le diagnostic se fait au cours d’un enregistrement du sommeil appelé polysomnographie.
Le traitement varie selon le degré de sévérité de la maladie : masque nasal à porter pendant le sommeil, utilisation d’un appareil dentaire spécifique, intervention chirurgicale.

Le syndrome des jambes sans repos

Le syndrome des jambes sans repos touche environ 20 % des plus de 65 ans. Cette pathologie recouvre deux types de manifestations :

  • les impatiences des membres inférieurs qui correspondent à une sensation désagréable de picotement, de brûlure, ou de ruissellement qui est toujours accompagnée du besoin impérieux de bouger. Elles surviennent surtout le soir et la nuit, sont aggravées par l’immobilité, et sont soulagées, au moins partiellement, par le mouvement;
  • les mouvements périodiques au cours du sommeil qui sont des mouvements involontaires dont la personne n’a pas conscience. Ils touchent principalement les extrémités des jambes (orteils et pieds) mais peuvent parfois s’étendre au genou et à la hanche, voire aux membres supérieurs. Ces mouvements entraînent une fragmentation du sommeil et nuisent à sa qualité. Environ 80 % des personnes ayant des impatiences des membres inférieurs ont également des mouvements périodiques pendant leur sommeil.

Les origines du syndrome des jambes sans repos sont mal connues : une carence en fer, un diabète ou une insuffisance rénale peuvent être en cause. Une activité insuffisante chez des neurones utilisant la dopamine pour transmettre le signal nerveux d’un neurone à l’autre semble également pouvoir être en cause.

Il n’existe pas de traitement spécifique du syndrome des jambes sans repos. En cas de déficit en fer, un apport ferrique peut être efficace sur les symptômes. Des médicaments agissant sur la production de dopamine ainsi que des sédatifs et des antidouleurs peuvent également être utilisés.

Conseils spécifiques aux personnes âgées pour bien/mieux dormir

Vous trouverez ici les conseils donnés par l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) pour bien dormir :

  • Conserver son horloge biologique bien réglée :
    • Si le sommeil vient trop tôt le soir, pratiquer une activité « éveillante » le soir pour retarder l’endormissement, bien s’exposer à la lumière toute la journée ;
    • Si le sommeil vient trop tard le soir, réduire toutes les activités « éveillantes » à partir de 21 heures pour faciliter l’endormissement, ne pas trop s’exposer à la lumière le soir, pratiquer une activité physique dans la journée.
    • Se coucher et se lever à heures régulières.
  • Eviter les attitudes néfastes face au sommeil :
    • Eviter de dormir dans la journée sauf pour faire une courte sieste de 20 minutes maximum en début d’après-midi ;
    • Eviter de trop manger le soir. Trop manger augmente la digestion et la durée de celle-ci. Lors de la digestion votre organisme travaille ce qui retarde l’endormissement ;
    • Eviter de boire trop de liquide le soir. Le risque est d’être réveillé la nuit pour aller uriner : les reins travaillent la nuit et le jour mais la vessie se laisse moins distendre en vieillissant et perd du volume.
  • Adopter une attitude favorisant le sommeil :
    • Rester au lit uniquement le temps nécessaire au sommeil. En cas d’éveils prolongés de plus de 10 à 15 minutes sans endormissement il vaut mieux se lever et avoir une activité relaxante ;
    • Penser à l’environnement de sa chambre et à la qualité de sa literie. Bruit, température élevé ou trop froide, lumière sont autant de paramètres à prendre en compte pour s’aménager un environnement propice au sommeil. Attention également à votre literie : trop vieille ou trop dure, elle risque d’accentuer vos douleurs et de vous réveiller fréquemment.