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Bilan de l'incontinence de la personne âgée


L’enjeu est d’identifier les causes de l’incontinence spécifiques au vieillissement, celles ponctuelles ou accidentelles (médicaments…), les comorbidités et les facteurs environnementaux pour mettre en œuvre une prise en charge globale.

Le premier bilan

Réalisable par le médecin généraliste, le premier bilan vise à orienter le patient vers une prise en charge spécialisée. Ce bilan peut se traduire par les questions suivantes :

  • Depuis quand les fuites ont commencé ?
  • A quels moments interviennent-elles ?
  • Combien de fois le patient urine-t-il par jour ?
  • Le patient est-il constipé ?
  • Les mictions sont-elles douloureuses ?
  • Etc.

Ces questions s’accompagnent si possible d’un examen des comorbidités (autres pathologies dont souffre le patient) susceptibles d’induire une incontinence.

Le médecin peut ensuite passer en revue les traitements ingéré par le patient afin d’identifier si un (ou des) médicament(s) affecte(nt) la continence du patient.

 Le médecin peut aussi réaliser un premier bilan de vie pour savoir :

  • Si le patient est autonome ;
  • Comment les apports en liquides de ce patient âgé sont répartis au long de la journée.

L’examen clinique de cette première étape permet de diagnostiquer, le cas échéant :

  • Une incontinence urinaire à l’effort en provoquant volontairement une fuite. Il s’agit de demander au patient de tousser ou de faire un effort musculaire ;
  • Un prolapsus (déplacement anormal d'un organe vers le bas) ou une atrophie vulvaire chez la femme ;
  • Une importante prostate chez l’homme.

 Avant d’adresser le patient âgé chez un spécialiste (urologue ou gériatre), le médecin peut demander des examens complémentaires :

  • Un ECBU (examen des urines) en cas de suspicion d’infection ;
  • Un catalogue mictionnel. Dans ce livret, le patient doit noter l’heure et le volume de ses mictions ainsi que les éventuelles fuites.

Un bilan de vie approfondi

L’exploration de l’incontinence de la personne âgée doit s’accompagner d’un bilan de vie très complet :

  • La consommation de boissons : s’il ne doit pas être réduit, le volume quotidien des apports en liquides peut être adapté. Souvent, il est conseillé de modifier les apports en faveur de la première partie de la journée, notamment en cas d’incontinence urinaire nocturne ;
  • L’environnement : il s’agit de savoir si le domicile est bien adapté et si le patient peut facilement accéder à ses toilettes. Pour les patients qui vivent en institution, on peut chercher à améliorer la signalisation ;
  • L’état de santé général et le degré d’autonomie : il existe différents questionnaires permettant d’évaluer le degré d’autonomie d’une personne ou son état mental. Ces examens permettent de savoir s’il est utile de proposer un calendrier mictionnel. Si oui, il est possible, à partir de ce catalogue mictionnel, d’établir des protocoles de mictions urinaires. Il s’agit de programmer d’aller uriner à telle heure ou à telle fréquence.

La prise en charge urologique

D’autres examens, plus poussés, peuvent être prescrits. Ils se font à l’hôpital.
Ce sont :

  • L’évaluation du résidu post-mictionnel : réalisée par échographie, cette évaluation permet de diagnostiquer des mictions incomplètes, sources d’infection ;
  • Le test de remplissage vésical : à l’aide d’une sonde, on remplit la vessie et on demande au patient de faire un effort. Cela permet d’identifier une incontinence d’effort ;
  • L’examen urodynamique : systématique avant un traitement chirurgical de l’incontinence, cet examen en trois temps est indiqué pour explorer une incontinence récente lorsqu’aucun examen clinique ne permet d’expliquer les causes de l’incontinence.