Aller au contenu

Escarres

Chaque année, près de 9% des patients hospitalisés souffrent d’escarres (enquête nationale PERSE de 2004). Ces escarres sont à 80 % acquises à l’hôpital, confirmant leur statut de maladie nosocomiale.
Outre les douleurs qu'elles provoquent, elles impliquent un allongement de la durée de séjour à l'hôpital de 9,8 jours en moyenne (étude IRDES).
Comment prévenir et traiter ces plaies graves qui touchent nombre de personnes âgées alitées ?

Escarre : définition

Parfois appelée plaie de lit, l’escarre se définit comme une lésion cutanée d’origine ischémique liée à une compression des tissus mous entre un plan dur et des saillies osseuses, ce qui entraîne leur nécrose.
Autrement dit, c’est une destruction locale plus ou moins sévère d’un tissu due à la diminution de la vascularisation et de donc de l’apport au niveau du tissu. Cela entraîne une mort tissulaire.

L’escarre est classée selon quatre stades, selon le National Pressure Ulcer Advisory Panel (NPUAP):

  • Le stade I correspond à une rougeur avec œdème ;
  • Le stade II correspond à l’apparition de petites cloques ouvertes ou fermées sur la zone rougie voire violacée ;
  • Le stade III correspond à l’apparition de lésions en dessous de la peau qui se nécrosent. La peau se noircit et devient très sèche. Un cratère apparaît ;
  • Le stade IV correspond à une extension des lésions.

L’origine des escarres semble multifactorielle. On sait toutefois que la pression combinée à une perte de mobilité joue un rôle prédominant. La survenue d’une escarre est favorisée chez les personnes longuement alitées et/ou en état de dénutrition.

Traitement des escarres

Le traitement d’une escarre est extrêmement complexe et varie selon le stade d’avancement de la plaie. Il nécessite un personnel soignant bien formé.

En simplifiant, on peut dire que :

  • au premier stade, on nettoie la plaie avec du sérum ;
  • au deuxième et troisième stade, il s’agit de retirer les tissus nécrosés avec une pommade puis d’utiliser des pansements qui permettent une certaine forme de régénération ;
  • le quatrième stade nécessite généralement une intervention chirurgicale de reconstruction pour faciliter la cicatrisation de la plaie ;
  • dans les cas les plus graves, on peut recourir à une greffe de tissus cutanés.

L'utilisation d’antidouleurs s'avère le plus souvent nécessaire. 

Prévention des escarres

La prévention commence par le traitement des facteurs de risques (infections, diabète, dénutrition, décompensation cardiaque, etc.).

Les patients (à risques) doivent :

  • être changés régulièrement en cas d’incontinence ;
  • être changés de position dans leur fauteuil ou leur lit très régulièrement ;
  • voir leurs zones d’appui bien protégées ;
  • être bien hydratés.

De plus, les équipements doivent être adaptés. Il existe notamment, depuis quelques années, des lits dynamiques avec des boudins qui se gonflent ou se dégonflent en alternance pour changer les points de pression.

Quel rôle pour les professionnels de santé ?

La formation des professionnels est particulièrement importante pour la prévention et le traitement des escarres. Dans les établissements de santé, la lutte s’organise. Ainsi, au CHU de Poitiers, une commission de prévention et de traitement des escarres est en place depuis plusieurs années. Elle est composée d’un médecin gériatre, de soignants, de médecins, de cadres de santé et, depuis 2005, d’une infirmière référente plaies et cicatrisation, qui tous se mobilisent pour former les équipes et remonter les besoins des services en matière d’achats.

En 2013, l’ARS Ile-de-France a lancé la campagne « Sauve ma peau, maîtriser le risque escarre » auprès d’établissements sanitaires et médico-sociaux volontaires. Ceux-ci s’engagent à mettre en œuvre 5 bonnes pratiques pour réduire la survenue d’escarre :

1. Traiter tôt l’escarre dès la rougeur ;

2. Former les professionnels et éduquer les patients et leur entourage ;

3. Assurer une prise en charge pluridisciplinaire (infirmières, médecins, aide soignantes, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychomotriciennes, diététiciennes, etc.) ;

4. Evaluer et réévaluer le risque d’escarre au sein des établissements ;

5. Pour le patient à risque : changer de position régulièrement et utiliser les supports adaptés.

D’après les compteurs renseignés par les établissements participants, rien que dans les 6 premiers mois de l'opération, près de 17 000 patients identifiés comme étant à risque d’escarre ont évité d’en avoir grâce à ces bonnes pratiques.

Dossier mis à jour en mai 2014.