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Prévention

Malgré l’avancée de l’âge, l’alimentation doit rester un acte essentiel de la vie quotidienne, une source de plaisir et, dans la mesure du possible, de convivialité. 

A domicile

Pour les seniors en bonne santé, l’essentiel est déjà de suivre les recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS) et de pratiquer une activité physique régulière. Pour connaître ces recommandations, il existe deux guides réalisés par l’INPES, l’un pour les plus de 55 ans et l’autre pour les aidants des personnes âgées.  

L’évaluation nutritionnelle se doit d’être réalisée chaque année – ou plus souvent s’il y a des situations à risque – par le médecin généraliste. Cette évaluation doit conduire à des conseils nutritionnels personnalisés.

Pour s’adapter aux comportements et aux possibilités physiologiques des personnes âgées, la HAS recommande :

  • D’augmenter la fréquence des prises alimentaires ;
  • D’éviter une période de jeûne nocturne trop longue ;
  • De privilégier les produits riches en énergie et/ou en protéines et adaptés au goût du patient ;
  • De favoriser un environnement agréable pour le repas.

Une aide technique ou humaine peut s’avérer utile lors des repas. C’est le rôle de l’entourage de la personne âgée. Différentes aides, qui devraient être formées,  peuvent s’avérer utiles :

  • L’aide ménagère et/ou l’auxiliaire de vie sociale peuvent faire les courses, préparer les repas, aider à la prise des repas…
  • Le portage des repas organisé par certaines mairies, associations ou entreprises commerciales ;
  • L’accès aux foyers restaurants.

 Des structures permettent de s’informer sur les dispositifs existant près de chez soi :

  • Les réseaux de soins ;
  • Les Centres communaux d’action sociale (CCAS) ;
  • Les Centres locaux d’information et de coordination (CLIC) ;
  • Les services sociaux.

 Pour la prise en charge des aides, interviennent :

  • L’allocation personnalisée d’autonomie (APA) ;
  • L’aide sociale départementale ;
  • L’aide des caisses de retraite et de certaines mutuelles.

En institution : ce qui se joue au repas et autour

Plus d’un milliard de repas sont servis, chaque année, dans les établissements de santé en France. La prise en charge alimentaire, nutritionnelle et hôtelière des personnes âgées en institution est complexe. Comment garantir au quotidien la qualité de l’offre dans un contexte de restauration collective contraignant? Quelles sont les adaptations pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ? Et pour celles qui sont en fin de vie ? Les repas font-ils partie des soins ou des traitements ?

Sécurité et qualité d’une restauration collective

Certaines contraintes pèsent sur l’alimentation servie : imposition de certains menus, respect des horaires, réglementation en termes de sécurité alimentaire et de qualité. Dans ce contexte, comment offrir une restauration de qualité adaptée aux besoins des personnes âgées ?

Depuis 2001, l’alimentation en maisons de retraite fait partie du plan de qualité de la prise en charge des patients que les établissements ont l’obligation de mettre en place. Les équipes – des médecins aux psychologues en passant par les diététiciens, les animateurs, les chefs cuisiniers – ont bien conscience que la qualité de la cuisine est un élément essentiel. La formation des cuisiniers au secteur gériatrique mais également la formation des personnels soignants aux besoins nutritionnels des personnes âgées se doit de suivre.

Moment fondamental dans la vie d’une institution, le repas rythme la journée et représente un soin essentiel. La cuisine se doit de s’adapter aux attentes des patients âgés : un appétit faible, difficilement modifiable, des goûts réduits avec une préférence pour les textures faciles à avaler, une dimension plaisir toujours fortement attachée au repas.  

En EHPAD, la prise en charge, multidisciplinaire, se fait sous la responsabilité du médecin coordinateur. A l’hôpital, pour améliorer la qualité de la prestation alimentation-nutrition, on trouve un comité de liaison alimentation et nutrition (CLAN) et des unités transversales nutrition (UTN).

Les CLAN traitent, par exemple, des sujets suivants : réduire le temps de jeûne nocturne en modifiant les horaires des repas, organiser des commissions qui choisissent les menus…

Les cas particuliers

Dans le cas de la maladie d’Alzheimer, pour les patients qui présentent une perte de poids, la prise en charge nutritionnelle recommandée est la prise en charge orale. Cette alimentation orale doit être adaptée aux éventuels aux éventuels troubles du comportement alimentaires, aux troubles praxiques (des mouvements coordonnés) et aux troubles de la déglutition.

Pour les patients qui ont des escarres ou risquent d’en avoir, est recommandée une prise en charge nutritionnelle orale avec un enrichissement de l’alimentation et des compléments nutritionnels oraux. Si cela reste insuffisant, une nutrition entérale pourra être proposée.

En cas de troubles de la déglutition, il s’agit de maintenir une alimentation orale, même minime, sans proposer systématiquement une alimentation mixée. La nutrition entérale sera adaptée si les modifications de texture sont insuffisantes pour éviter les complications respiratoires ou couvrir les besoins nutritionnels.

En cas de fracture du col du fémur, des compléments nutritionnels oraux peuvent être prescrits de manière transitoire.

L’objectif nutritionnel  de la prise en charge nutritionnelle en fin de vie est sans nul doute le plaisir et le confort. Sont recommandés les soins de bouche et le soulagement de tout symptôme qui altère le plaisir de manger. Ne sont recommandés ni la nutrition entérale ni la parentérale, d’autant que leur mise en place peuvent être une source d’inconfort pour le patient.  Une décision qu’il faut bien expliquer à l’entourage de la personne âgée.