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Causes et conséquences de la dénutrition


Le vieillissement n’est pas une cause de dénutrition à lui seul. Celle-ci s’installe chez les sujets âgés en présence d’une insuffisance d’apports alimentaires (c’est la dénutrition exogène) et/ou de maladies chroniques qu’elles soient dégénératives, infectieuses ou inflammatoires (c’est la dénutrition endogène).

Les types de dénutrition

La dénutrition endogène

Elle est généralement liée, selon la Haute Autorité de Santé (HAS), à :

  • Des cancers ;
  • Des défaillances d’organe chroniques ou sévères ;
  • Des pathologies à l’origine de mal-digestion et/ou de malabsorption ;
  • De l’alcoolisme chronique ;
  • Des pathologies infectieuses et/ou inflammataoires chroniques ;
  • Des situations susceptibles d’entraîner une diminution des apports alimentaires et/ou une augmentation des besoins énergétiques
  • Des pathologies plus spécifiquement liées à l’âge (troubles bucco-dentaires, dépendance, syndromes démentiels…).
La dénutrition exogène

Elle est liée à la diminution des apports alimentaires dans un contexte social inadéquat. L’isolement social et/ou familial, le manque d’aide pour l’organisation des courses et la préparation des repas, l’insuffisance des ressources financières ont un impact sur la qualité des repas. La diminution des capacités psychiques (dépression, démence…) et physiques de la personne âgée entraînent une perte d’autonomie pour les actes de la vie quotidienne. Cela aussi rend la préparation des repas difficile. D’autres éléments, comme l’ignorance des besoins nutritionnels, des fausses idées sur les régimes (hépatiques, sans sel, hypocholestérolemiants…), une surconsommation médicamenteuse, un choc psychologique comme un deuil contribuent à la diminution des apports nutritionnels.

Habituellement liées, la dénutrition endogène et la dénutrition exogène s’aggravent mutuellement, ce qui rend le traitement plus difficile et complexe.

Conséquences et possibles complications

Allongement des durées d’hospitalisation, augmentation des risques d’infection nosocomiale, de chute, de fracture ou d’entrée dans la dépendance, déficit immunitaire, dépression, aggravation des maladies chroniques… Les conséquences de la dénutrition sont graves et nombreuses.

En réalité, l’incompétence du système immunitaire favorise des infections, responsables d’anorexie et d’hypercatabolisme, ce qui aggrave la dénutrition et le déficit immunitaire… entraînant un cercle vicieux.

La dénutrition se répercute sur d’autres fonctions physiologiques comme la sécrétion hormonale, la synthèse d’albumine ou l’équilibre minéralo-calcique. Le déficit vitaminique lié à la malnutrition peut provoquer une asthénie et des troubles psychiques ou neurologiques. La carence en calcium favorise la fragilité osseuse (ostéoporose).

La dénutrition augmente la morbidité infectieuse de 2 à 6 fois et multiplie le risque de mortalité par 2 à 4. Elle multiplie par 2 à 4 la durée d’hospitalisation pour la même affection. Bien souvent, elle augmente les risques d’infections nosocomiales et d’escarres. Elle peut être responsable de l’épuisement des réserves de l’organisme, de la perte d’autonomie voire du décès. Plusieurs études ont même montré que le  risque de démence sénile pouvait varier en fonction de facteurs alimentaires.