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Addictions

L’addiction, ou dépendance, se caractérise par l’impossibilité répétée de contrôler un comportement, et la poursuite de ce comportement bien que l’on soit conscient des conséquences négatives qu’il engendre. Les addictions regroupent l’alcoolisme, les toxicomanies, le tabagisme, et les addictions comportementales (par exemple le jeu). Les conduites addictives interviennent dans environ 30 % de la mortalité prématurée en France (source ministère de la Santé).

Ce dossier est réalisé en partenariat avec le Psycom 75.

Qu'est-ce qu'une addiction ?

Le mécanisme de l’addiction

La majorité des addictions, comme l’alcoolisme ou la toxicomanie, sont liées à l’usage de substances psycho-actives (c’est-à-dire qui ont une action sur le cerveau) à risque de dépendance. Ces dernières agissent sur le circuit de récompense du cerveau en sollicitant anormalement ce circuit naturel, et peuvent le déséquilibrer de façon permanente.

Plus on consomme un produit à des doses toxiques, plus on en subit les conséquences. À l’inverse, moins on consomme un produit, ou si on le consomme à des doses non toxiques, moins on en subit les conséquences.

Définition de l’addiction

L’addiction, ou dépendance, se caractérise de la façon suivante : c’est un ensemble de phénomènes comportementaux, cognitifs et psychologiques survenant à la suite de la consommation répétée d’une substance psycho-active. Ils sont associés à un désir puissant de prendre la substance, une difficulté à contrôler la consommation, une poursuite de la consommation malgré les conséquences nocives qu’elle entraîne, un désinvestissement progressif des autres activités et obligations au profit de cette substance, une tolérance accrue à la substance, et parfois un syndrome de sevrage physique.

L'addiction à l'alcool

Environ 13 millions de Français consomment régulièrement de l’alcool, et 4 millions de personnes ont une consommation à problème, c’est-à-dire à risque de dépendance.

Qu’est-ce qu’une unité d’alcool ?

Une unité d’alcool est la quantité d’alcool pur présente dans un verre standard, c’est-à-dire un verre servi dans un bar : elle correspond à environ 10 grammes d’alcool. Un verre de vin de 10cl, une bière de 25 cl, un verre de whisky ou de pastis de 3cl contiennent tous la même quantité d’alcool, soit une unité d’alcool.

Par exemple, boire deux pastis puis deux verres de vin correspond à une consommation de 4 unités d’alcool.

Attention, ces quantités correspondent aux verres servis dans les bars.

Les recommandations de consommation d’alcool à ne pas dépasser sont de :

  • deux unités d’alcool par jour en moyenne pour les femmes, soit 14 unités par semaines ;
  • trois unités d’alcool par jour en moyenne pour les hommes, soit 21 unités par semaine ;
  • quatre unités d’alcool maximum en une seule occasion ;
  • au moins un jour par semaine sans alcool.

Consommation à risque et consommation nocive d’alcool

Une consommation d’alcool à risque est une consommation qui n’a pas encore eu de conséquences néfastes mais qui est susceptible d’en entraîner si la personne ne modifie pas sa consommation.
Une consommation d’alcool nocive est une consommation qui a des conséquences sur la santé physique, psychique ou sociale de la personne. Elle peut entraîner cancers, maladies du foie et du pancréas, troubles cardiovasculaires, maladies du système nerveux et troubles psychiques (anxiété, dépression, troubles du comportement).

L’addiction à l’alcool

L’addiction à l’alcool, ou alcoolodépendance, se caractérise par la perte de contrôle de la personne sur sa consommation d’alcool : boire de l’alcool est devenu un besoin. La dépendance est à la fois physique et psychologique. D’un point de vue physique, l’arrêt brutal de la consommation d’alcool entraîne des symptômes de sevrage, comme une anxiété, des tremblements, des sueurs… La dépendance psychologique se traduit par l’incapacité de la personne à résister à l’envie de boire malgré la conscience que sa consommation d’alcool peut entraîner des dommages.

La prise en charge de l’addiction à l’alcool

En cas de difficultés avec l’alcool, le premier interlocuteur à contacter est le médecin traitant. Il orientera le cas échéant vers une consultation spécialisée dans la prise en charge des addictions.

Les seniors et l’alcool

39 % des personnes âgées de 65 à 75 ans consomment de l’alcool tous les jours. En moyenne, elles boivent deux unités d’alcool à chaque fois, majoritairement du vin. A l’inverse, seuls 3 % des 20-25 ans ont une consommation quotidienne d’alcool, mais les quantités bues sont plus importantes (trois unités d’alcool en moyenne) et les ivresses beaucoup plus fréquentes.

Des événements de vie comme le divorce ou le veuvage peuvent contribuer à l’augmentation de la consommation d’alcool.

Si votre consommation d’alcool a récemment augmenté, parlez-en à votre médecin traitant.
Si vous avez l’impression que la consommation d’alcool d’une personne de votre entourage augmente, ou qu’elle présente des risques pour sa santé, parlez-en à son médecin traitant.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur alcoolinfoservice.

L'addiction au tabac, ou tabagisme

En France, 34,8 millions de personnes ont déjà consommé du tabac, et près de 12 millions fument quotidiennement.

Le mécanisme de l’addiction au tabac

Le tabac contient des alcaloïdes, dont le principal est la nicotine. Les alcaloïdes sont des substances psycho-actives, c’est-à-dire qu’elles ont une action sur le cerveau. La nicotine stimule le circuit de récompense du cerveau et procure une sensation de satisfaction.

Ainsi, la consommation de tabac peut entraîner une dépendance physique. Cette dernière se traduit par une sensation de manque en l’absence de consommation de tabac : la quantité de nicotine présente dans l’organisme baisse brutalement par rapport au seuil auquel le fumeur s’était habitué, ce qui se traduit par une pulsion forte à fumer, de l’anxiété, de la nervosité, une humeur dépressive…
Le tabagisme se caractérise également par une forte dépendance psychologique, liée aux effets psycho-actifs de la nicotine. Cette dernière procure plaisir, détente et stimulation intellectuelle. Elle a aussi un effet anxiolytique, antidépressif et coupe-faim.

Les risques du tabagisme

Un cancer sur trois est dû au tabagisme : cancer du poumon, de la gorge, du larynx, mais aussi cancer des reins ou de la vessie. Le tabagisme est également un des principaux facteurs de risque cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral…), d’apparition d’un glaucome, de bronchite chronique…

La prise en charge de l’addiction au tabac

Il n’existe pas de méthode unique ni de traitement universel pour arrêter de fumer. Les aides les plus connues sont les substituts nicotiniques (gommes à mâcher, pastilles, patchs), la thérapie comportementale et cognitive, et les traitements psychotropes (Zyban® et Champix®, sur prescription médicale).

Il est possible de s’adresser à son médecin traitant, à un pharmacien ou un tabacologue pour obtenir des conseils et de l’aide.

Il n’est jamais trop tard pour arrêter de fumer. Les bénéfices commencent à se faire sentir dès les 24 heures suivant l’arrêt.

Existe-t-il un tabac inoffensif ?
Tous les types de tabac sont dangereux. Fumer la pipe et le cigare, où la fumée n’est pas inhalée, augmente fortement le risque de cancer de la bouche, des lèvres, du larynx… Les tabacs à chiquer peuvent provoquer des ulcères de l’estomac, des atteintes graves des dents et des gencives…

Pour plus d’informations sur la prise en charge du tabagisme, consultez tabac-info-service ou la brochure de téléchargeable de l'Inpes J'arrête de fumer.

L'addiction aux médicaments psychotropes

Un médicament psychotrope est un médicament qui modifie le psychisme et le comportement en agissant sur les mécanismes neurobiologiques du cerveau. La consommation française de psychotropes figure parmi les plus importantes au monde.

On distingue cinq grandes familles de médicaments : les neuroleptiques, les antidépresseurs, les régulateurs de l’humeur, les tranquillisants, les hypnotiques (somnifères). Les tranquillisants et les somnifères entraînent deux types de dépendance.

La dépendance à faible dose est celle des personnes qui ont commencé par un « petit » tranquillisant ou un « petit » somnifère et qui, au bout de plusieurs années, n’arrivent plus à s’en passer. Il n’y a pas d’augmentation spectaculaire des doses, ni d’ivresse. Ce type de dépendance peut provoquer des troubles de la mémoire, des difficultés de concentration ainsi qu’une aggravation de l’affaiblissement des fonctions intellectuelles lié à l’âge.

La dépendance à forte dose s’installe lorsque ces médicaments sont utilisés comme calmants ou comme enivrants. Associés à l’alcool, ils en augmentent les effets.

Les somnifères et les tranquillisants doivent être prescrits par un médecin. Il est important de respecter scrupuleusement l’ordonnance qui vous a été faite.

Pour en savoir plus sur les médicaments psychotropes, consultez la brochure du Psycom75, Les médicaments psychotropes.