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Fin de vie

Le débat public devient urgent pour informer les Français sur les soins palliatifs

le 10 octobre 2013
Mains se serrant pour accompagner une personne en fin de vie [Hospimedia] - À l’occasion de la Journée mondiale des soins palliatifs le 11 octobre, le Fonds pour les soins palliatifs et la Fédération des réseaux de santé en soins palliatifs d'Île-de-France a proposé à ses acteurs de partager des regards croisés. L'occasion d'évoquer la place des soins palliatifs dans la société.

Le chiffre est édifiant. Plus de huit ans après l'adoption de la loi Leonetti qui promeut les soins palliatifs, 65% des Français s'estiment encore mal informés sur les conditions d’accès et le contenu des soins palliatifs, selon une étude publiée le 7 octobre par la Fondation de France. "Ce chiffre était de 63% il y a cinq ans, ce qui prouve que la culture palliative n'a pratiquement pas évolué", constate Vincent Morel. Le président de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (Sfap) intervenait le 8 octobre dernier lors la troisième édition des Rendez-vous de la Place de la Sorbonne. Le thème de ces rencontres portait cette année sur l'importance des regards croisés entre les soignants, les proches et bénévoles pour alimenter la réflexion sur la question de la fin de vie. Comment expliquer la méconnaissance aussi profonde de ce sujet dans la société française et parmi les professionnels des secteurs sanitaire et médico-social ?

Selon Didier Sicard, auteur d'un rapport sur le sujet remis fin décembre 2012 au président de la République et également présent lors de cette manifestation, les soignants sont insuffisamment formés sur cette question. On évoque quatre à six heures de formation sur un cursus de dix ans d'études. "La plupart des médecins se concentrent sur le curatif et négligent la fin de vie du patient et son entourage. Il faut remettre le malade, ses proches et tous ceux qui l'accompagnent au centre de la réflexion." Vincent Morel rappelle également que le Programme de développement des soins palliatifs 2008-2012 s'est beaucoup concentré sur l'hôpital, laissant de nombreuses structures du médico-social sans moyens pour se doter d'unités et de personnels formés sur ce thème.

"Se prononcer ou légiférer sur l'euthanasie n'a aucun sens"

D'après Jean Leonetti, député et rapporteur de la loi du même nom, "la question du rapport à la mort est un sujet complexe qui est toujours présenté de façon simpliste au grand public, comme en témoigne le débat autour de l'euthanasie. Se prononcer ou légiférer pour ou contre cette option n'a aucun sens, tant les situations sont variées et intimes". Le député milite donc pour un vrai débat citoyen sur ce thème : "Ne laissons pas ce sujet aux mains des experts ou des politiques mais permettons à chacun de faire entendre sa voix. C'est par ce biais que nous arriverons à sensibiliser la société française."

Le débat sur la fin de vie que le président de la République appelle de ses vœux semble donc de plus en plus urgent. Prévu à l'automne, il risque d'être une nouvelle fois repoussé. En cause : les blocages au sein du Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE), qui est censé le porter et dont les nouvelles nominations font encore polémique. Une affaire à suivre donc...

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 Article de Charles Chevallier publié le 09/10/2013 sur www.hospimedia.fr