Aller au contenu
Aidants

« La reconnaissance d’un droit au répit est une bonne chose, il faut aller plus loin »

le 18 février 2014
[Maisons-de-retraite.fr] - Le projet de loi autonomie présenté le 12 février par le Premier ministre comporte un volet spécifique aux quelque 4,3 millions de personnes qui aident régulièrement un proche de plus de 60 ans, avec la mise en place d’une « aide au répit ». Une avancée saluée par Florence Leduc, présidente de l’Association française des aidants (1), mais qui en appelle d’autres.

Maisons-de-retraite.fr : Avec ce projet de loi autonomie, les aidants sont-ils enfin entendus ?

F. Leduc : Cette loi est d’abord faite pour améliorer les conditions de vie des personnes âgées en perte d’autonomie, qui ont besoin de prises en charge professionnelles, à domicile ou en établissement, bien réparties sur le territoire. A cette occasion, il est utile et opportun d’évoquer le rôle joué par plus de 4 millions de proches aidants, qui n’ont pas à se substituer aux professionnels et qui ont eux-mêmes leurs difficultés.    

 

Maisons-de-retraite.fr : L’aide au répit instaurée par le projet de loi (2) vous parait-elle correspondre aux besoins ?

F. Leduc : La reconnaissance d’un droit au répit est une bonne chose. Sur le terrain, il faut maintenant veiller à la disponibilité de places en hébergement temporaire et accueil de jour, en nombre suffisant. Il faut aussi que ces périodes aient un intérêt pour la personne malade : les lieux d’accueil doivent être des lieux de rencontre, et favoriser la socialisation.

 

Maisons-de-retraite.fr : Comment aller plus loin dans l’aide aux aidants ?

F. Leduc : Au-delà des périodes ponctuelles de répit, les aidants ont des besoins spécifiques en matière de santé, d’information et de soutien. Un tiers d’entre eux ont une santé dégradée (30% des aidants de malades d’Alzheimer décèdent avant la personne aidée), c’est pourquoi l’Association française des aidants travaille à la mise en place de groupes de prévention sur ce sujet. La moitié des aidants ont une activité professionnelle et tous ont besoin d’une vie sociale et affective, il faut donc les aider à concilier ces dimensions avec leur vie d’aidant.

La préparation de ce projet de loi est une occasion unique pour s’en préoccuper.    

 

Propos recueillis par Catherine Holué

 

1. Association française des aidants : http://www.aidants.fr/

2. Allocation d’un montant maximum de 500 euros pour financer le séjour dans un hébergement temporaire ou un accueil de jour de la personne aidée, et dispositif d’urgence en cas d’hospitalisation de l’aidant.

 

Consultez notre dossier Accompagner un proche âgé

Voir aussi

Personnes âgées : un peu plus de 600 millions annuels pour le maintien à domicile

80% des aidants ont une santé perturbée par le soutien apporté à leurs proches

« Génération proches » : des tandems aidant-aidé filmé dans leur quotidien

France Alzheimer sort un guide dématérialisé pour les aidants familiaux