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Ehpad

La majorité des résidents d'Ehpad méconnaissent le fonctionnement interne de leur établissement (étude)

le 29 octobre 2013
Personne âgée dans sa chambre [APM] - La majorité des résidents d'Ehpad méconnaissent le fonctionnement interne de leur établissement, relève la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) dans son étude "Vivre en établissement d'hébergement pour personnes âgées à la fin des années 2000", publiée mercredi.

Par exemple, les documents délivrés normalement à leur entrée dans l'établissement leur sont parfois inconnus.

"Huit gestionnaires d'établissements sur 10 indiquent donner, voire expliciter, le contrat de séjour et le règlement de fonctionnement aux résidents lors de leur arrivée ou dans les jours qui suivent. Le livret d'accueil est également délivré ou explicité dans 71% des établissements. 71% des établissements donnent [aussi] systématiquement à l'entrée ou commentent la charte des droits et libertés de la personne âgée dépendante", rapporte la Drees.

Or "les résidents sont relativement peu nombreux à se souvenir avoir reçu ces documents, voire même savoir de quoi il s'agit: 34% ne connaissent rien du règlement de fonctionnement de l'établissement, 59% ne savent pas ce qu'est un contrat de séjour, 65% ne savent pas qu'il existe un livret d'accueil et 83% ne connaissent pas la charte des droits et libertés", relève la Drees.

Réglementairement, les Ehpad doivent se doter d'un conseil de la vie sociale, rappelle aussi l'étude. Mais "seuls 39% le signalent aux résidents lors de leur entrée en établissement". Même chose pour la liste des personnes qualifiées, qui peuvent faire une médiation entre eux et l'établissement en cas de litige, qui "n'est donnée et commentée à l'entrée que dans 36% des cas". "Du coup, les résidents connaissent assez mal cette liste (seuls 44% d'entre eux la connaissent) ou le conseil de la vie sociale (12% seulement)", assure la Drees.

SEULS 64% DES RESIDENTS ONT CHOISI LEUR MEDECIN TRAITANT

Cela dit, peu de résidents assurent avoir des questions ou des remarques à formuler sur le fonctionnement de leur Ehpad: 32% déclarent spontanément ne pas avoir de remarques particulières et 10% qu'ils n'osent pas ou ne veulent pas formuler de remarques. Quand néanmoins ils le font, "86% s'adressent directement au personnel de l'établissement et 18% à d'autres personnes (proches, bénévoles...). Seuls 2% s'adressent au conseil de la vie sociale".

Quant aux questions relatives à leur état de santé, aux soins ou aux traitements qui leur sont apportés, "plus d'un tiers ne posent jamais de question sur ces sujets, et seulement 15% en posent souvent". En revanche, "89% des résidents qui ont posé ce type de questions déclarent être satisfaits des réponses qui leur ont été apportées".

Normalement, les résidents d'Ehpad doivent pouvoir choisir librement leur médecin traitant. Selon la Drees, les gestionnaires d'établissement indiquent que les résidents peuvent le choisir dans 89% des cas (84% complètement librement et 5% seulement parmi une liste de médecins). Or "Seuls 64% des résidents déclarent qu'ils ont choisi le médecin qui s'occupe d'eux".

La Drees avance deux raisons pour expliquer l'écart entre les réponses des uns et des autres: le résident "peut ne pas être attaché au médecin qui le suivait lorsqu'il vivait à son domicile" ou à l'inverse, le médecin traitant "ne veut ou ne peut pas forcément continuer à suivre la personne âgée une fois que celle-ci entre en institution". Mais le résultat est qu'"au final, les résidents ont le sentiment de se retrouver dans une situation où ils n'ont pas pu choisir leur médecin, le choix étant de fait limité".

41% DES RESIDENTS NE SORTENT DE L'EHPAD QUE POUR MOTIFS MEDICAUX

L'étude de la Drees s'intéresse aussi à la possibilité des résidents de sortir librement ou non de leur établissement. Certes, la moitié (52%) des personnes âgées hébergées peuvent bénéficier d'un moyen de transport. Mais "les sorties demeurent cependant limitées", relève la Drees, qui précise que "41% des résidents indiquent qu'ils ne peuvent pas sortir de l'établissement pour d'autres motifs que les soins médicaux (39% pour ceux qui n'ont pas besoin d'aide humaine pour se déplacer dans l'établissement)". Par ailleurs, 51% de ces résidents évoquent leur état physique comme raison de ne pas sortir, 12% le défaut d'aide et 5% le fait de ne pas avoir le droit de sortir.

Près de quatre résidents sur 10 aimeraient sortir, ou sortir plus souvent. Les sorties sont d'ailleurs le premier motif de mécontentement des personnes âgées en établissement, selon l'étude. En deuxième position vient la façon dont le personnel s'occupe d'eux: 22% trouvent "que le personnel ne vient pas assez rapidement lorsqu'on l'appelle, 20% qu'il ne fait pas attention à leur douleur quand ils ont mal, voire très mal et 19% déclarent que le personnel ne connaît pas leurs problèmes".

Pour autant, 86% des résidents déclarent vivre très bien ou plutôt bien en établissement. "Toutes choses égales par ailleurs, c'est le fait d'avoir bien vécu son entrée en maison de retraite ou Ehpad qui détermine le plus fortement le bien-être des personnes hébergées dans leur quotidien", assure la Drees. Ainsi, "ceux qui ont déclaré avoir bien vécu leur entrée ont 5,8 fois plus de chances de se sentir bien en établissement [...] que les autres. Ceux qui déclarent ne jamais ou seulement parfois être tristes, angoissés ou déprimés, ont 2,5 fois plus de chances de bien vivre en établissement que les autres".

70% DES ETABLISSEMENTS ONT DES PROTOCOLES SPECIFIQUES CONTRE LES CHUTES

Cette étude de la Drees renseigne également sur les protocoles liés à l'état de santé des résidents, mis en place par les établissements. "Près de sept établissements sur 10 ont mis en place des protocoles spécifiques relatifs aux chutes", assure par exemple la Drees, les chutes faisant par ailleurs "l'objet d'un signalement écrit systématique et [d'une analyse] systématiquement ou souvent, dans toutes les USLD [unités de soins de longue durée] et quasiment toutes les maisons de retraite ou tous les Ehpad".

Des protocoles spécifiques relatifs à la prévention et au traitement des escarres, à l'incontinence, la dénutrition ou la contentio, sont également fréquents dans ces établissements, ajoute la Drees.

Par ailleurs, "les deux tiers des USLD, maisons de retraite et Ehpad indiquent organiser des activités spécifiques pour les personnes atteintes de détériorations intellectuelles". Et près de huit établissements sur 10 déclarent former leur personnel à la prise en charge de la détérioration intellectuelle ou de la démence.

"Vivre en établissement d'hébergement pour personnes âgées à la fin des années 2000", Drees, octobre 2013

 

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 Article publié le 25/10/2013

vl/ab/APM polsan

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