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Dépendance

Financement de la dépendance: le penchant des Français pour la solidarité nationale progresse

le 03 juin 2013
Financement de la dépendance Best of (APM) - Près d'un Français sur deux (47%) considère le recours à la solidarité nationale comme la meilleure solution pour financer les dépenses liées à la dépendance chez les personnes âgées dans les années à venir, selon le baromètre FHF-TNS Sofres publié mercredi sur "Les Français et le grand âge" 2013, qui note une progression de cette option depuis quatre ans.

Présenté mercredi aux salons de la santé et de l'autonomie, à Paris, ce sondage a été réalisé par l'institut en partenariat avec la Fédération hospitalière de France (FHF). Il a été effectué du 27 au 30 mars auprès d'un échantillon de 1.011 personnes majeures représentatif de la population française, en face-à-face à domicile.
A une question sur les moyens de financer la dépendance, 47% ont répondu que la solidarité nationale était la meilleure solution, contre 37% en 2009. 22% ont privilégié la souscription obligatoire d'une assurance individuelle pour les plus de 50 ans. Une proportion importante (31%) a déclaré ne pas savoir.
Dans l'ensemble de l'échantillon, 30% préfèrent augmenter la contribution sociale généralisée (CSG) pour "tout le monde", 13% rehausser l'impôt sur les successions pour tous, et 4% accroître la CSG uniquement pour les retraités.
Le chef de l'Etat, François Hollande, s'était dit favorable en 2012, en tant que candidat à l'élection présidentielle, à l'instauration "à terme", d'une "contribution de solidarité nationale", rappelle-t-on.
Interrogés sur un éventuel plafonnement des prix des maisons de retraite, les sondés s'y sont dits favorables à 87%, dont 65% "tout à fait favorables"; 9% y sont défavorables, et 4% ne se prononcent pas.
En janvier, la ministre déléguée aux personnes âgées et à l'autonomie, Michèle Delaunay, avait dit vouloir "encadrer les tarifs" d'hébergement en maison de retraite, parmi d'autres mesures visant à réduire le reste à charge des familles. Ces propos avaient suscité des protestations de fédérations du secteur, avant que la ministre ne nuance ces propos. 
"En temps de crise, le sentiment de pouvoir assurer l'hébergement d'un proche en établissement recule", constate TNS Sofres. Alors qu'en 2011, 53% des sondés estimaient qu'eux ou leur parent pourraient s'acquitter du coût moyen mensuel (environ 2.200 euros), ils ne sont plus que 47% deux ans plus tard. Seuls 39% des parents âgés affirment qu'ils pourraient payer eux-mêmes leur maison de retraite, contre 43% en 2011.
La très grande difficulté ou l'incapacité de couvrir l'intégralité de ces frais est "la règle" parmi les catégories socioprofessionnelles inférieures (53%), selon l'étude. Elle est moins fréquente dans les catégories supérieures, mais concerne toujours 37% des Français.

7% AIDENT QUOTIDIENNEMENT UN PROCHE

Parmi les sondés, 30% déclarent avoir un membre de leur entourage en situation de perte d'autonomie (pour 19%, il s'agit d'un membre de leur famille). 7% aident personnellement cette personne dans ses gestes quotidiens tels que l'habillage ou les repas. Ces aidants sont principalement des femmes (61%), des inactifs (43%) ou des personnes âgées de 50 à 64 ans (36%).

Plus d'un aidant identifié sur deux (54%) déclare que ni lui ni son parent ne peuvent financer d'hébergement en établissement.
Une proportion importante des aidants (76%) et des Français (60%) disent connaître l'existence d'accueils (de jour ou de nuit) et de structures d'hébergement temporaire pour les personnes en perte d'autonomie.
A une question sur les éléments qui comptent le plus dans le choix d'une maison de retraite, toutes les réponses recueillent "des scores très forts", mais trois critères se détachent (tous à 91%): le nombre de professionnels dans l'établissement, son emplacement et les locaux eux-mêmes (taille des chambres, présence de sanitaires individuels, parc ou jardin accessible, etc.)
Arrivent ensuite les délais d'attente (83%), les possibilités d'aménagement personnel (meubler sa chambre, accueillir son animal de compagnie, etc. ; 82%) et les services proposés (coiffeur, lingerie, kinésithérapie, animations; 78%).
 Article publié le 29/05/2013 sur www.apmnews.com 

Par Nicolas Cochard

 

nc/ab/APM polsan
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