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Structures de répit

Alzheimer: un accès "plus souple" aux structures de répit

le 01 octobre 2013
Structure de répit pour les aidants de malades d'Alzheimer [APM] - La ministre déléguée aux personnes âgées et à l'autonomie, Michèle Delaunay, a indiqué le 20 septembre dernier à l'association France Alzheimer vouloir mettre en place un "dispositif" permettant aux familles prenant en charge une personne en perte d'autonomie d'accéder plus facilement aux structures de répit.

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Elle a expliqué que "ce dispositif permettrait d'accéder au répit sous une forme plus souple". Il s'agirait d'"une sorte de chèque de jours disponibles en accueil de jour ou en hébergement temporaire" pour donner aux aidants la possibilité de s'"organiser comme ils le veulent".
Le développement et la diversification des structures de répit constituent l'une des 15 propositions faites par l'association. "Les appels à projets sont gelés depuis juin 2011. Or 70% des malades sont à domicile", a rappelé Marie-Odile Desana.
La présidente de France Alzheimer a également insisté sur le reste à charge de 1.000 euros en moyenne pour les familles, "une pression financière qui vient en plus de l'épuisement physique et psychique des aidants".
"A quoi sert de continuer à développer les structures de répit si les familles ne peuvent pas les fréquenter car ça coûte trop cher? Il y a le temps politique mais sur le terrain, pour les familles, il y a urgence".
Michèle Delaunay a assuré que "le volet aidant sera très important" dans la loi en préparation sur l'autonomie. Elle a répété que le texte serait prêt pour la fin de l'année alors que le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait évoqué une présentation soit fin 2013 soit courant 2014. 
Elle a précisé qu'il était notamment prévu un aménagement du temps de travail pour les aidants qui sont salariés, ce qui permettra "de débloquer la parole et de réclamer les droits".
La ministre déléguée a également annoncé "une amélioration substantielle des aides", en direction des classes moyennes principalement, pour réduire le reste à charge en établissement ainsi qu'une amélioration de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) à domicile "qui ira au-delà de la promesse de François Hollande", en touchant à "un groupe plus large" que les personnes très dépendantes, en GIR 1 et 2.
Enfin, elle a ajouté qu'une réflexion sur l'hébergement temporaire était lancée, sur le constat que "le saupoudrage de places dispersées par ci, par là" était insatisfaisant et plaidé pour une réforme de l'aide à domicile, à la fois sur la tarification et sur l'évolution des métiers.
Mais Michèle Delaunay a prévenu que ces mesures "ne prendr[ont] pas effet ensemble, la montée en charge sera progressive". "C'est une exigence considérable qui a un impact financier et nécessite des arbitrages". Le président de la République, François Hollande, avait indiqué en janvier que l'effort pour financer la future réforme de la dépendance serait étalé "sur l'ensemble du quinquennat". 

QUATRE GROUPES DE TRAVAIL POUR LE PROCHAIN PLAN ALZHEIMER

Concernant le prochain plan lui-même, Michèle Delaunay a reconnu ne pouvoir qu'apporter des éléments de réponse. Elle a seulement indiqué la constitution de "quatre groupes de travail" qui doivent donner "dans les trois mois les voies de prolongation, d'évolution et d'amélioration du plan qui seront consolidées".
Le rapport d'évaluation du Plan Alzheimer 2008-12, rédigé par le Pr Joël Ankri et le Dr Christine Van Broeckhoven, et remis fin juin, donne "quelques pistes sur les actions à arrêter, faire évoluer ou à magnifier, comme les Maia [maisons pour l'autonomie et l'intégration des malades d'Alzheimer]".
Faisant référence implicitement à la question de l'élargissement du prochain plan, la ministre déléguée a considéré que "pour l'aide aux aidants, point colossal, la question est semblable pour toutes les formes de perte d'autonomie", mais a reconnu la spécificité de la maladie d'Alzheimer qui "touche à notre organe le plus identitaire". "Il faut garder cet étendard, sa force, sa vigueur".
La ministre des affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine, doit se rendre également vendredi après-midi sur le "village Alzheimer", a-t-on appris auprès de France Alzheimer.
Malgré la visite prévue des deux ministres, Marie-Odile Desana s'est déclarée "inquiète". "Ce sont les arbitrages budgétaires qui vont avoir la priorité sur tout le reste. Des incertitudes persistent sur la poursuite et le déploiement de certaines actions", a-t-elle commenté auprès de l'APM.
Les trois ministères en charge de l'élaboration du plan (affaires sociales et santé, personnes âgées et autonomie, enseignement supérieur et recherche) avaient prévu d'en annoncer les "grandes orientations" à l'occasion de la journée mondiale Alzheimer.
La présidente de France Alzheimer a confirmé avoir appris lors de son échange avec Michèle Delaunay la constitution de groupes de travail, regrettant que l'association n'y soit pas représentée.

logo APM (Agence de Presse Médicale)

 Article publié le 20/09/2013

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