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Aidants

80% des aidants ont une santé perturbée par le soutien apporté à leurs proches

le 14 octobre 2013
Aidant fatigué par son travail auprès d'un proche malade [Hospimedia] - Dans une enquête cherchant à évaluer la charge de travail reposant sur les aidants familiaux et l’impact sur leur qualité de vie, l’Association des paralysés de France (APF) révèle des liens forts entre la durée de l’aide (16 ans en moyenne), un appauvrissement de l’aidant et des répercussions sur sa santé et sa vie sociale.

Ainsi, 32% déclarent apporter plus de 40 heures d’aide par semaine et la moitié plus de 20 heures. Plus de 80% fournissent un soutien en matière d’hygiène (toilette, habillage, aide à l’élimination…) et autant accompagnent aux visites médicales. La surveillance et les soins associés (fausses routes, épilepsie, prise et préparation des médicaments…), l’entretien des aides techniques, l’aide à l’acquisition de l’autonomie, sont également réalisés par 50% des proches aidants… Ainsi 54,1% des personnes aidées ne reçoivent aucun support professionnel.

Un investissement au quotidien qui a un retentissement certain sur la vie personnelle et professionnelle de l’aidant. 14% estiment avoir été contraints de s’arrêter de travailler pour prendre soin de leur proche et 40% ont dû aménager leur temps de travail (parmi lesquels 42% ont renoncé à des opportunités de carrière). Leurs ressources financières sont affectées pour 70% d’entre eux.

Dans ce contexte, il n’est pas étonnant de lire que 29,7% des aidants interrogés pensent manquer de temps libre. Tandis que 80% estiment que leur vie sociale et leur santé sont impactés par le soutien qu’ils procurent. 73% considèrent que leur sommeil et leur santé psychique sont affectés. Et ce, d’autant plus que la charge d’aide est importante. En effet, 58% de ceux qui présentent la charge horaire hebdomadaire la plus importante (+ 170 heures) déclarent ne pas pouvoir dormir plus de 6 heures d’affilée par nuit. Et un tiers de ceux qui ont une charge hebdomadaire supérieure à 170 heures déclarent suivre un traitement médical pour des maux physiques ou psychiques consécutifs à leur rôle d’aidant.

À signaler cependant, un biais dans cette étude. Seuls 19% des individus interrogés par l’Association des paralysés de France soutiennent une personne de plus de 60 ans, alors que, selon l’enquête Handicap-Santé de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) publiée en 2010, la moitié des aidants naturels s’occupent d’un proche de plus de 60 ans. Ce qui explique probablement que la majorité des proches aidants interrogés s’avèrent être des ascendants, et que les deux tiers d’entre eux ont également moins de 60 ans.

S’appuyant sur ces résultats, l’APF demande donc une meilleure compensation et reconnaissance des besoins de ces proches. Elle sollicite notamment la création d’une allocation dont le montant serait évalué en fonction de la charge d’aide mais aussi la mise en place d’une sorte de "crédit-répit", un temps rémunéré évalué de la même manière.

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Article de Sandra Mignot publié le 09/10/2013