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Un dispositif pour lutter contre la dénutrition des personnes âgées

le 14 octobre 2014
Retour sur un dispositif devenu une priorité [maisons-de-retraite.fr] - A l’initiative du centre hospitalier de Laon (Aisne), une formation est proposée depuis plus d’un an aux Ehpad du territoire afin de dépister et de prévenir la dénutrition des personnes âgées.

En France, 25 à 30 % des patients âgés arrivent dénutris à l’hôpital. En dépit de ce constat, « peu de soignants sont sensibilisés à ce problème », a expliqué le Dr Jean-Michel Marcelli, médecin nutritionniste et diabétologue au CH à la rédaction d’Hospimedia.

Aussi, afin de lutter contre cette situation, un dispositif a été instauré au sein de l’établissement avec pour objectif de sensibiliser la médecine de ville et les Ehpad avoisinants. Présenté le 22 septembre dernier dans le cadre des bonnes pratiques en Ehpad lors d’une rencontre organisée par l’Agence régionale de santé (ARS) Picardie, le projet a bénéficié d’avis favorables.

Retour sur un dispositif devenu une priorité

Le dispositif a d’abord fait l’objet de la création d’une unité de nutrition annexée au pôle de prévention et d’éducation. Devenu une priorité, il a évolué et chaque service a accueilli un référent nutrition tandis qu’un protocole de dépistage de la dénutrition des patients a été engagé.

La collaboration entre le CH et les Ehpad s’est opérée à travers quatre programmes de formation gratuits, dispensés aux professionnels médicaux, paramédicaux, aux personnes âgées et à leurs aidants. Maud Gourlandt, diététicienne au CH de Laon a indiqué à Hospimedia que cette formation avait pour objectifs « d’identifier et évaluer les personnes dénutries ou à risque de dénutrition, de réévaluer l’état nutritionnel et savoir le transmettre, d’assurer une alimentation équilibrée et adaptée et de favoriser le plaisir de manger.»

Mais alors que la prévalence en institution au plan national de personnes âgées dénutries est de 150 000 personnes* et alors 350 000 patients âgés sont à risque, il apparaît opportun d’en déterminer les causes afin de mieux les prévenir. 

L’impact psycho-socio-environnemental de la dénutrition

Modifications pathologiques liées à l’âge (dépression, troubles digestifs), insuffisance d’apports (incapacité physiques comme la mastication, isolement social) et situation d’hypercatabolisme (cancer, infection, défaillance organiques) sont les trois principales causes de la dénutrition. Des causes qui peuvent entraîner des situations à risques telles que les troubles bucco-dentaires, les troubles de la déglutition, les troubles psychiatriques ou encore le développement de syndromes démentiels et la dépendance pour les actes de la vie quotidienne (alimentation, mobilité). Afin de prévenir ces risques, des objectifs ont été programmés. Par exemple, la région Centre et du département du Loiret ont mis en place cinq étapes:

1-    Dépister la dénutrition chez toutes les personnes âgées de plus de 70 ans ;

2-    Confirmer le diagnostic de la dénutrition et estimer son degré́ de sévérité ;

3-    Mettre en oeuvre une démarche thérapeutique précoce et adaptée ;

4-    Evaluer régulièrement l’observance, la tolérance, l’efficacité́ et réadapter si besoin la démarche ;

5-    Activer et coordonner la collaboration de l’ensemble des acteurs impliqués dans la prise en charge.

Des objectifs nécessaires qui permettent de s’assurer que le patient obtienne quotidiennement une alimentation qualitative et quantitative.

* Source : GDR EHPAD, septembre 2011.

Pour plus d’informations, consultez nos articles liés tels que Causes et conséquences de la dénutrition et Prévalence élevée de la dénutrition chez le patient âgé atteint de cancer