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Iatrogénie

Somnifères : informer les personnes âgées les amènent souvent à décider d'arrêter d'en prendre

le 29 avril 2014
[Maisons-de-retraite.fr] - Les médicaments somnifères de la classe des benzodiazépines (et apparentés) ne sont pas recommandés pour les personnes âgées de 65 ans et plus, mais pourtant largement consommés. Or, si elles sont bien informées, un grand nombre de personnes âgées décident d'arrêter de les prendre (ce qui doit être graduel) et réussissent à le faire.

Lorsqu'elles reçoivent une information adéquate sur ces médicaments, une grande proportion des personnes âgées décident d'arrêter de les prendre et réussissent à le faire, montre une étude québécoise publiée dans le Journal of American Medical Association (JAMA) Internal Medicine.

Les chercheurs des universités de Montréal et McGill ont mené cette étude avec la collaboration de 30 pharmacies et 303 personnes âgées de 65 à 95 ans, qui utilisaient des somnifères benzodiazépines depuis 10 ans et prenaient environ 10 médicaments différents par jour.

La moitié des pharmacies ont participé à l'intervention consistant à fournir des informations (document de 7 pages) sur les risques de ces médicaments et sur la façon de les diminuer progressivement. L'autre moitié constituait un groupe témoin permettant la comparaison.

Un arrêt ou une diminution de la consommation   

Dans le groupe ayant reçu l'information, 62% des personnes âgées ont discuté avec un pharmacien ou un médecin au sujet de l'arrêt de leur somnifère. Après 6 mois, 27% avaient réussi à arrêter, 11% à diminuer leur consommation de ces médicaments.

Dans le groupe témoin n’ayant pas été informé, seulement 5% des personnes âgées avaient arrêté les somnifères après 6 mois. 

« L'information fournie directement aux consommateurssuscite efficacement la prise de décision partagée autour de la surconsommation de médicaments qui augmentent le risque de préjudices chez les personnes âgées », concluent les chercheurs.

Après 65 ans, 1 Française sur 3 consomme des psychotropes

En France, la consommation de benzodiazépines, molécules utilisées contre l'anxiété ou l'insomnie, repart à la hausse depuis 2010. Cette consommation élevée est liée à une prescription importante de ces molécules par les professionnels de santé et à des durées de prise souvent trop longues, explique l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) dans son dernier bilan.

En 2012, 11,5 millions de personnes ont acheté 131 millions de boîtes de Xanax, Tranxène, Lexomil, Stilnox, Imovane, Valium... Le consommateur type de benzodiazépines est une femme (à 64%), âgée en moyenne de 56 ans. Après 65 ans, pas moins d’1 femme sur 3 est concernée.

Ces molécules peuvent entraîner somnolence, amnésie, état confusionnel, agitation ou encore pharmacodépendance. L'ANSM souligne que « chez la personne âgée, les risques de chute et de perturbation de la mémoire sont particulièrement élevés, et le risque d'accumulation accroît le risque de surdosage et d'effets indésirables ».

 

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