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Audition

Prothèses auditives : pour une meilleure prise en charge par la Sécu

le 19 février 2014
[Maions-de-retraite.fr] – Avec un reste à charge de 1000 euros en moyenne par appareil pour le patient, la France est très en retard en matière de remboursement des audioprothèses. Ce qui a des conséquences pour une population vieillissante, souligne le Syndicat national des audioprothésistes.

Notre pays compte entre 5 et 6 millions de malentendants : un tiers d’entre eux ont moins de 60 ans, un tiers entre 60 et 75 ans et un tiers plus de 75 ans. Parmi les causes de la surdité : l’âge majoritairement (presbyacousie), le bruit, les surdités congénitales ou pathologiques (Le handicap auditif en France, Drees, août 2007).

Parmi ces personnes malentendantes, 2,5 à 3 millions devraient être équipées. Or, seules 1,6 million le sont, selon le Syndicat national des audioprothésistes, lesquels délivrent chaque année 520 000 appareils auditifs sur prescription médicale.

 

Reste à charge

Parmi les freins à l’appareillage, le manque d’information et de dépistages, une barrière psychologique lourde (les appareils auditifs demeurent perçus comme des attributs du troisième âge), mais aussi le coût restant à la charge du patient.  

Le tarif moyen d’une audioprothèse, toutes gammes confondues, est de 1535 euros. Ce coût comprend l’appareil lui-même, la prestation initiale (analyse, adaptation de l’appareil et réglages) et le suivi prothétique étalé sur 5 ans en moyenne. Or, l’Assurance maladie rembourse 120 euros par appareil (840 euros pour les moins de 20 ans), les complémentaires santé 350 euros en moyenne, soit 470 euros au total. Il reste donc à la charge des patients adultes environ 1000 euros par appareil.

Tandis que les prix français sont dans la moyenne européenne, le remboursement public est faible : 120 euros par appareil en France, 600 euros en Italie, 660 euros en Belgique, 690 euros en Suisse, 840 euros en Allemagne… Les professionnels français demandent donc sa revalorisation.

 

Prévenir la dépendance

En mars 2013, Michèle Delaunay, ministre déléguée chargée des Personnes âgées et de l’Autonomie, a rappelé qu’ « une personne âgée qui a une perte sensorielle auditive importante s’isole […], ce qui est un facteur de perte cognitive majeure, et que le non-appareillage auditif fait perdre 7 ans d’espérance de vie en bonne santé ».

Plusieurs rapports officiels en 2013 (Cour des Comptes, Inspection Générale des Affaires Sociales, Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie) ont plaidé pour une meilleure prise en charge des prothèses auditives par l’Assurance maladie.

 

Consultez notre dossier sur la Perte d’audition.

 

Voir aussi :

La perte d’audition, point de départ du décrochage social

Lancement d'un portail web dédié aux personnes sourdes et malentendantes

La journée nationale de l’audition est revenue sur la surdité de l’âge