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Droits des résidents

Mort d’un résident près de Rouen : comment accompagner les personnes âgées à l’entrée en maison de retraite ?

le 05 mai 2014
[Maisons-de-retraite] - Voulant sortir de sa maison de retraite par la fenêtre de sa chambre, située au 2e étage, un résident âgé de 85 ans a chuté et s'est tué. Un drame qui repose la question de l’accompagnement des personnes âgées lors de l’accueil en EHPAD.

Le drame a eu lieu la nuit du 28 au 29 avril, à l'EHPAD public du centre hospitalier Durécu-Lavoisier de Darnétal (Seine-Maritime). L’homme était, selon le directeur de l'établissement, atteint de troubles cognitifs importants et résidait pour cela au sein d'une unité sécurisée. Un système de sécurité empêchant l'ouverture totale des fenêtres, le résident a alors dévissé la patte de sécurité de la fenêtre avec un couteau, avant d'improviser une corde avec des draps. Mais sa « corde » était trop courte et il n'a sans doute pas eu assez de force pour y rester attaché. Il a été retrouvé mort mardi matin.

La police a ouvert une enquête, de même que l'agence régionale de santé. L’établissement étudie comment le système de sécurité des fenêtres – « un système standard que l'on retrouve dans toutes les maisons de retraite » selon le directeur Serge Passerieu - peut être amélioré.  Mais « il n'y a pas eu de défaut de surveillance » et « il n'est pas possible de transformer les chambres en blockhaus », rappelle-t-il.  

La nécessité du consentement de la personne âgée

Ce type d'événement dramatique - heureusement exceptionnel - met en lumière « la nécessité de mieux accompagner les personnes âgées, notamment dans le cadre d'une entrée en établissement et à l'occasion de sa préparation », estime l’Association des Directeurs au service des Personnes Âgées (AD-PA).

Interrogés dans le cadre d'une table ronde organisée au Printemps des Ehpad de Limoges sur le respect du droit d'aller et venir de la personne âgée en rupture d'autonomie, différents professionnels ont exprimé également cette préoccupation. Véronique Mathieu, cadre socio-éducatif au CHU de Limoges, a insisté sur la nécessité en amont du consentement de la personne âgée pour son entrée en institution. Or très souvent, la personne âgée atteinte de troubles cognitifs n'est pas en mesure d'exprimer son désir et c'est alors son entourage (famille, médecin) qui provoque son entrée en EHPAD. Pour éviter cette situation, Véronique Mathieu préconise les solutions de répit "qui donnent du temps à chacun pour éviter un "non-choix" et permettent d'accompagner la personne âgée dans sa décision à terme d'entrer en institution". 

De son côté, le Défenseur des droits a préconisé fin mars la mise en place d'un projet personnalisé qui viendrait réévaluer le consentement de la personne, et l'écriture de directives anticipées.

La question reste ouverte.

 

Consultez notre dossier : Bien choisir sa maison de retraite.

 

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