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Politique de santé

« Manuel Valls n’a pas eu un mot pour les personnes âgées ! »

le 10 avril 2014
[Maisons-de-retraite.fr] – À l'heure du remaniement ministériel, quid du projet de loi autonomie portée par Michèle Delaunay ? Celui-ci est-il satisfaisant pour les familles ? Le point de vue de Joëlle Le Gall, présidente d’honneur de la Fédération nationale des associations de personnes âgées et de leurs familles (FNAPAEF).

Michèle Delaunay a quitté le gouvernement avant d’avoir pu présenter en conseil des ministres le premier volet du projet de loi sur l’adaptation de la société au vieillissement. Etes-vous confiante dans le fait que Laurence Rossignol, nouvelle secrétaire d'État à la Famille, aux Personnes âgées et à l'Autonomie reprenne le flambeau ?

Joëlle Le Gall : Je ne peux préjuger de la nouvelle secrétaire d’Etat, mais je me demande si elle a une connaissance du terrain. Sait-elle ce qu’est la situation des personnes âgées à domicile, en quoi consiste la tarification des EHPAD, imagine-t-elle la vie des résidents ? Notre nouveau Premier ministre n’a pas eu un seul mot pour les personnes âgées dans son discours de politique générale, j’en suis triste et inquiète. Ne peut-on trouver des milliards d’économies ailleurs qu’en tirant sur le social ? Michèle Delaunay, dont le projet de loi a le mérite de balayer tout le champ des mesures à mettre en œuvre pour adapter notre société au vieillissement, était déjà pieds et poings liés par les contraintes budgétaires.  

 

La revalorisation de l’allocation personnalisée pour l’autonomie (APA) prévue dans le projet de loi est-elle satisfaisante ?

Joëlle Le Gall : Non, elle sera insuffisante pour répondre à la perte importante d’autonomie à domicile. Les plafonds d'aide mensuels de l'APA vont être revalorisés de 100 à 400 euros,  ce qui signifie que les personnes les plus dépendantes (GIR 1 et 2) passeront de 2H à 2H30 d'aide à domicile par jour. Trente minutes de plus, c’est très insuffisant… Quant aux 500 euros proposés aux aidants familiaux pour financer une semaine de répit, cela reste un gadget !

Telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, l’APA décentralisée n’est plus la bonne réponse. Elle diffère d’un département à l’autre, tant dans son montant que dans l’application des textes sur l’évaluation du degré de dépendance. La FNAPAEF demande la mise en place d’une allocation unique nationale.

 

Pourquoi le volet EHPAD, prévu dans un second volet de la loi, ne peut attendre selon vous ?

Joëlle Le Gall : Il n’est pas acceptable de temporiser pour mettre en œuvre les mesures en personnels et les financements nécessaires aux besoins des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Le reste à charge est par ailleurs incompatible avec les ressources des résidents : il est urgent de revoir la tarification.

 

Propos recueillis par Catherine Holué

 

 

Consultez notre dossier sur les Démarches et aides financières

 

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