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Dépendance

Les besoins en soins des résidents des 6.788 Ehpad de France augmentent d'année en année (CNSA)

le 17 octobre 2013
Aide-soignant s'occupant de résidents en Ehpad [APM] - Les besoins en soins des résidents des 6.788 établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) de France a augmenté en cinq ans, selon la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA).

Lors de son conseil de mardi, où a été élue sa nouvelle présidente, Paulette Guinchard, la CNSA a dressé un bilan de la médicalisation des Ehpad au 31 décembre 2012. 
La CNSA comptabilise à cette date 6.768 Ehpad en fonctionnement tarifés par les agences régionales de santé (ARS). Ces établissements appartiennent majoritairement au secteur public (43% du parc, soit 50% des places), précise la caisse, et ont une capacité moyenne de 83 lits.
Ces Ehpad sont à 71% sous l'option tarif partiel sans pharmacie à usage intégré (PUI). 69% ont signé une convention tripartie de deuxième génération, c'est-à-dire qu'ils sont financés via l'outil Pathos sur la base du GIR moyen pondéré soins (GMPS). 
La CNSA précise également que 61% des Ehpad avaient une convention en cours de validité au 31 décembre 2012, 20% l'avaient prorogé pour un an, et 19% voyaient leur convention arriver à terme. "Ce dernier chiffre est toutefois à prendre avec précaution, certaines ARS n'ayant pas saisi l'information dans la base de données d'où l'information est extraite", prévient la caisse. Pour rappel, les Ehpad reçoivent des crédits de "médicalisation" destinés à recruter du personnel soignant, à l'issue de la signature d'une convention tripartite entre l'ARS, le conseil général et l'établissement, valable cinq ans et prorogeable un an. 
En analysant les composantes de la tarification des Ehpad, la CNSA aboutit à la conclusion que, plus les années passent, plus les résidents ont besoin de soins. 
Ainsi, elle observe une augmentation des composantes du GMPS depuis cinq ans (2007-12):

  • le GIR moyen pondéré (GMP) est ainsi passé de 677 à 717, "signe que la dépendance des résidents s'accroît" 
  • le Pathos moyen pondéré (PMP), déterminé par la coupe Pathos réalisée par le médecin coordonnateur de l'Ehpad et validée par l'ARS, est passé de 181 à 198, "signe que la charge en soins s'alourdit". 

A ce sujet, les écarts constatés entre le PMP proposé par l'établissement et celui validé par l'ARS se stabilisent (20 points en 2010, 15 points en 2011 et 2012). 
En 2012, 908 établissements ont bénéficié d'une validation de leur coupe Pathos.

30 PROFESSIONNELS DE SOINS POUR 100 RESIDENTS 

L'analyse des données de médicalisation permet aussi de comptabiliser le nombre de professionnels soignants auprès des résidents. La CNSA propose ainsi une "estimation" du ratio d'encadrement de personnels de soins en Ehpad, à partir d'un échantillon d'environ 1.160 établissements:

  • il y a 36,4 personnels de soins pour 100 résidents dans les Ehpad en tarif global 
  • 27,1 professionnels pour 100 résidents dans les Ehpad en tarif partiel
  • La moyenne pour tous les Ehpad est donc de 30,4 professionnels pour 100 résidents. 

Il s'agit "très majoritairement" d'aides-soignants, d'aides médico-psychologiques (AMP) et d'infirmiers.
La CNSA a fait également un bilan du montant des enveloppes de médicalisation et de la manière dont les ARS les allouent aux Ehpad. 
En 2012, les établissements ont reçu 136,6 millions d'euros de crédits de médicalisation: 116 millions d'euros ont financé la médicalisation de places ouvertes, et 20,6 millions d'euros pour "des engagements pris par les ARS les années antérieures". "En comparant ces chiffres à ceux de l'année 2011, il semble que les ARS privilégient un financement en 'année pleine' des mesures nouvelles de médicalisation de l'année", relève la CNSA. "En effet, en 2011, les mesures nouvelles ne représentaient que 83 millions d'euros sur une enveloppe totale de 180 millions d'euros".
En 2013, l'enveloppe de médicalisation s'élève à162 millions d'euros, précise encore la CNSA.
Par ailleurs, le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2014 a prévu d'y allouer 130 millions d'euros. 

logo APM (Agence de Presse Médicale)

 Article publié le 16/10/2013

vl/ab/APM polsan
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