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Fin de vie

Les Yeux ouverts, documentaire sur la fin de vie, sort en DVD

le 09 mars 2011

[maisons-de-retraite.fr] Comment affronter la mort ? C’est à cette question douloureuse pour les patients, comme pour leurs proches, que le réalisateur Frédéric Chaudier tente de répondre en filmant l’unité de soins palliatifs de la maison Jeanne Garnier à Paris.

Ce 9 mars sort, en DVD, Les Yeux ouverts, le documentaire réalisé par Frédéric Chaudier à Jeanne Garnier, une maison médicalisée privée à but non lucratif qui participe au service public hospitalier. Cette maison parisienne accompagne les patients en phase avancée ou terminale de leur maladie grave évolutive.

A travers ce film se pose la question de la réalité de la fin de vie. Souffrance et humanité semblent se mêler aussi intensément que déclin et instinct de vie.
Pour aller au plus proche de la réalité de la maison Jeanne Garnier et délivrer un propos nuancé, 14 mois de tournage ont été nécessaires.

Gagner la confiance : la phase préparatoire

Parce qu’il a accompagné son père près d’un an dans le service de l’hôpital Jeanne Garnier et qu’il connaissait donc bien les équipes, Frédéric Chaudier a reçu l’autorisation de filmer l’unité de soins palliatifs.

Pour gagner la confiance des patients et des proches, le réalisateur a été très souvent présent avec eux sans les filmer.  

Frédéric Chaudier décrit l’ouverture aux autres des personnes en phase terminale qui ont accepté la proximité de la mort, la bienveillance sans commisération des soignants, le rôle décisif des aidants, des proches et des bénévoles. Autant dire qu’il choisit de montrer la « vie » de cet établissement de passage vers la mort.

Humanité de la médecine palliative

 En voyant l’humanité qui se dégage de l’unité de la maison Jeanne Garnier, on pourrait penser qu’il s’agit d’un hymne aux soins palliatifs. La position du réalisateur est beaucoup plus nuancée. « Mon père et moi-même venions d’une position pro-euthanasie avec une volonté totale de maîtrise de son existence. J’avais d’ailleurs proposé à mon père de l’aider à mourir […]. En fait, on a découvert tout un champ des possibles, pendant les deux années de sa maladie, avec des moments très différents, souvent très intense, qu’ils soient tristes, denses ou absurdes* », confie Frédéric Chaudier.

Pour le médecin-chef, le Docteur d’Hérouville, ancien Président de la Société Française d’Accompagnement des Soins Palliatifs, la SPAF, « la position prise par l’Assemblée nationale répond au souhait de la majorité des Français qui ne veulent pas souffrir, qui ne veulent pas d’acharnement thérapeutique, mais qui ne veulent pas non plus qu’on mette fin à leur vie brutalement sans leur demander leur avis. Pour moi, la très grande majorité des personnes qui demandent l’euthanasie est composée de patients qui, par cette demande, crient leur détresse de ne pas être soulagés, de souffrir et de ne pas être entendus dans leurs souffrances…  Quand on les écoute et quand on fait tout pour les soulager, ces personnes plus d’euthanasie. »

Ce documentaire est un bon moyen de réfléchir à ces débats très actuels, à ces  sujets de société autour de la fin de vie. Il permet aussi d’avoir une vision plus juste de ce qui se joue dans les unités de soins palliatifs qui sont encore assez méconnues parce qu’elles font parfois peur.
* Propos recueillis par Hervé Millet en juillet 2010.