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Etude

Les Français prennent peu en compte le risque de devenir dépendants

le 28 mars 2014
[Maisons-de-retraite.fr] - Avez-vous envisagé qu'un jour vous pourriez être dépendant, et avez-vous pris des dispositions pour faire face à cette situation ? La Fondation Médéric Alzheimer a posé ces questions à un échantillon représentatif de Français.

Alors que le projet de loi pour l’adaptation de la société au vieillissement doit être présenté le 9 avril en conseil des ministres, la Fondation Médéric Alzheimer publie une étude sur la perception des Français face au risque de devenir dépendants : Préférences et patrimoine face au temps et au risque dépendance (PATED).

L’étude a été menée en 2011, en collaboration avec l'institut TNS Sofres et des chercheurs de l'Ecole d'économie de Paris, auprès d'un échantillon représentatif de 3 616 Français. Les résultats présentés le 27 mars portent sur les réponses de 1 999 personnes de 45 ans et plus n'ayant déclaré aucune perte d'autonomie.

6 Français sur 10 ont envisagé le risque dépendance, moins d’1 sur 10 a pris des dispositions

A la question "Vous-même, avez-vous envisagé qu'un jour vous pourriez être dépendant(e)?", presque six personnes sur 10 (58%) disent avoir envisagé ce risque. 27% des sondés ont répondu "Non, je n'ai pas envisagé que je pourrais être dépendant", et 15% "Non, je ne souhaite pas en entendre parler".
Parmi les personnes qui ont envisagé ce risque de dépendance, seules 10% affirment avoir "pris des dispositions pour faire face à cette situation", 39% n'avoir pas pris de dispositions, et 9% ne pas avoir l'intention d'en prendre.

« Les résultats montrent qu’une part importante des individus n’envisage pas le risque de survenue de la dépendance et ne développe en conséquence aucune stratégie de couverture. Ce fait met en exergue l’importance de la myopie (ou du déni) comme facteur explicatif de la faible disposition des individus à contracter une assurance dépendance », commente la fondation.

Préférences personnelles

L'étude montre que la probabilité d'envisager ce risque augmente avec l'âge, mais diminue avec la « préférence pour le présent » des personnes (le fait d'accorder plus d'importance aux gains et pertes actuels qu'aux gains et pertes futurs, selon les auteurs).
Parmi ceux qui envisagent le risque de dépendance et qui s’assurent, les facteurs explicatifs sont l’aversion au risque et l’altruisme familial.

L’assurance dépendance peu développée

Environ 8% des personnes de l'échantillon déclarent posséder une assurance dépendance, "ce qui correspond aux chiffres connus en population générale". Seules 3% indiquent disposer d'épargne ou de compléments de revenu pouvant être utilisés le cas échéant.

« Même si l’ensemble de la population présentait des préférences favorables à la souscription d’une assurance (le type « bon père de famille »), la proportion d’individus assurés ne dépasserait pas 15 % dans le contexte actuel. Un développement accru du marché passerait donc soit par une profonde évolution des produits d’assurance et du contexte institutionnel (fiscalité des produits d’épargne et d’assurance, etc.) soit par l’instauration d’une assurance obligatoire », conclut la fondation.

 

Consultez notre dossier sur l’évaluation de la perte d’autonomie.

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