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Prise en charge médicale des personnes âgées

Lancement d’une expérimentation interrégionale d’évaluation de 800 Ehpad

le 05 novembre 2010

[Hospimedia] Les agences régionales de santé (ARS) de Midi-Pyrénées, du Languedoc-Roussillon et du Limousin lancent l'expérimentation auprès de 800 EHPAD d'une méthode d’évaluation partagée de la prise en charge médicale des personnes âgées. Une expérience que l’État et les agences nationales espèrent étendre demain à tout le territoire.

Depuis le début de ce mois de novembre, les ARS de Midi-Pyrénées, du Languedoc-Roussillon et du Limousin se sont engagées dans un projet expérimental nommé "Évaluation de la qualité de la prise en charge médicale en Ehpad", dont les premiers résultats sont attendus pour janvier 2012. Il s’inspire d’une première expérience qui a été menée, entre 2006 et 2010, auprès de 33 maisons de retraite du département de l’Aude. Une expérimentation qui a fait ses preuves puisqu’elle a permis à ces structures d’améliorer la qualité de traitement des personnes accueillies.


Aujourd’hui, 800 Ehpad présents sur les trois territoires devraient bénéficier de ce programme. Il permettra d’assurer demain, une meilleure adéquation de la prise en charge médicamenteuse (prescription plus efficace, réduction du risque iatrogène, etc.), de prévoir une organisation plus rationnelle dans la prise en charge médicale et paramédicale (ex : nutrition, fin de vie, plannings, etc.) et de favoriser un meilleur ancrage de ces établissements sur leur territoire, en renforçant le lien entre le secteur médico-social, sanitaire et la médecine ambulatoire.

Une démarche participative et formative


"Concrètement, nous allons offrir aux 800 établissements de ces trois régions la possibilité de rentrer dans une démarche participative et formative, et d’expérimenter une méthode d’évaluation partagée", souligne Anne Sadoulet, déléguée territoriale de Haute-Garonne et chargée de mission interrégionale pour le développement de la qualité dans le secteur médico-social auprès de l’ARS Midi-Pyrénées.


La technique qui repose sur la méthode de la photographie partagée est assez simple, mais selon, Anne Sadoulet, "très payante". Pour cela, plusieurs facteurs doivent être réunis. "D’abord, il faut que les équipes des Ehpad soient volontaires. Rien n’est imposé par les tutelles, tout repose sur la bonne volonté des acteurs. Ensuite, c’est une équipe indépendante de l’ARS qui réalise l’évaluation via un état des lieux exhaustif de l’établissement. Tous les résultats sont anonymes".


Cette première photographie est alors soumise aux équipes de la structure. "Cela leur permet de voir où se situe leur EHPAD par rapport aux autres sur un certain nombre de données significatives liées au quotidien (ex. : la prise de médicament, la nutrition, les taux de chute, etc.)" indique Anne Sadoulet. À partir de là, les délégations territoriales des ARS déploient un plan d’action destiné à aider les Ehpad volontaires : formation, aide à la mise en place de démarches qualité, incitations au regroupement et à la coordination grâce au soutien de la filière gériatrique hospitalière, etc.


"Chaque plan d’action est propre au territoire concerné et s’appuie sur les dynamiques existantes. L’objectif est de donner aux Ehpad et aux différents acteurs, les moyens de mettre en place une prise en charge médicamenteuse alternative aux médicaments grâce à la réorganisation des équipes et des méthodes. Il s’agit aussi d’aider le médecin coordonnateur dans sa mission difficile du fait des limites réglementaires de ses fonctions. Dans l’Aude, nous avons obtenu des changements de comportement significatifs chez les professionnels qui se sont saisis à bras le corps des difficultés liées à la prise en charge médicale des personnes âgées. Les pratiques, notamment dans la prescription de psychotropes et de l’hygiène alimentaire, ont changé" souligne Anne Sadoulet.

Une méthode d'évaluation à grande échelle


Si la méthode fonctionne, cela tient au fait qu’elle n’est pas utilisée pour critiquer le travail des équipes, au contraire. "Nous sommes conscients que la prise en charge médicale des personnes âgées est complexe et que le sujet est sensible pour les prescripteurs, explique la déléguée territoriale. Nous n’hésitons pas à le dire aux professionnels des Ehpad rencontrés pour qui cette position est salutaire. En gros, nous leur proposons d’être force de propositions pour que, demain, la prise en charge médicale s’améliore."

Aujourd’hui, l’administration centrale, les agences évaluatives comme l’ANESM, la HAS, l’ANAP, l’Assurance Maladie, la CNSA, les CHU de Toulouse, Montpellier et Limoges, etc. – partenaires du projet – suivent de près cette expérience. "L’administration centrale et les agences évaluatives espèrent que nous pourrons modéliser cette méthode à grande échelle" souligne Anne Sadoulet. Et de conclure : "la technique de la photographie partagée pourrait également s’appliquer à d’autres types de prise en charge, comme celle des individus en soins intensifs ou en moyens séjours".

Article paru le 03 11 10 sur Hospimedia