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Des clés pour vivre vieux, et en bonne santé

le 12 mai 2014
[Maisons-de-retraite.fr] – Tandis que le nombre de centenaires augmente en France, les travaux des chercheurs confirment l’importance d’un mode de vie sain pour éviter des décès prématurés d’une part, et vivre longtemps sans incapacité d’autre part.

D’après des données présentées fin avril par la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav), le nombre de centenaires affiliés au régime général de la Sécurité sociale est passé de 13 072 personnes en 2010 à 16 273 personnes en 2013. Soit un millier de centenaires de plus par an parmi les pensionnés de l’Assurance retraite.

Dans une interview au Figaro (Demain, serons-nous tous centenaires ?), André Syrota, président-directeur général de l'Inserm, revient sur les chiffres de l'espérance de vie (chaque génération gagne environ 5 ans) et estime à 20 000 le nombre total de centenaires en France, contre 100 en 1900.

Mais au-delà de l’espérance de vie brute, les experts s’intéressent aussi à l’espérance de vie "en bonne santé". 

"Blue zones" : ces régions où l’on vit vieux, sans incapacité

Il existe une poignée de régions du monde où l'on vit vieux, mais surtout sans incapacité ou maladie. Dans son livre publié en 2010 et intitulé "The Blue Zones: Lessons for Living Longer from the People Who've Lived the Longest", le chercheur américain Dan Buettner souligne les habitudes spécifiques des habitants de ces régions.

En Sardaigne, l’espérance de vie était en 2011 de 78,8 ans chez les hommes et 84,9 ans chez les femmes, soit près de deux ans de plus que dans le reste de l'Italie, et l'hypertension artérielle touche 16,2 % de la population alors qu'elle concerne le quart de la population mondiale. L’alimentation des habitants serait la clé : pain, céréales, légumes et fruits du potager, fromage de brebis et lait de chèvre, peu de viande, consommation mesurée de vin rouge. Mais aussi l’habitude de la marche : les agriculteurs peuvent parcourir jusqu'à 10 km par jours pour s'occuper de leur bétail.

L'archipel d'Okinawa au Japon présente lui aussi des statistiques étonnantes avec une espérance de vie "en bonne santé" de 73 ans en moyenne, et un nombre record de centenaires. L’alimentation est tournée vers les plantes, les légumes, le soja et le tofu. La marche et le jardinage y sont des "sports" nationaux. Et comme en Sardaigne, la solidarité et le respect vis-à-vis des anciens y sont très développés.

Autre exemple, la péninsule de Nicoya, au Costa Rica, où les sexagénaires ont deux fois plus de chances d'atteindre 90 ans que dans les pays dits "développés". Une fois encore, à Nicoya, trois éléments sont mis en avant pour expliquer une telle longévité : l'alimentation (oranges, tortilla, riz et haricots riches en niacine, très peu de viande et des dîners très légers), l'activité physique (les Costaricains travaillent jusqu'à un âge avancé) et l'organisation sociale attribuant une mission aux aînés.

37 millions de décès prématurés « facilement » évitables

La prévention n’est ainsi pas un vain mot. Selon une étude publiée le 3 mai dans le Lancet, diminuer ou stabiliser l’exposition de la population à « seulement » six facteurs de risque modifiables pourrait empêcher plus de 37 millions de décès prématurés en 15 ans.

Les objectifs à atteindre sont les suivants : diminuer de 30% la consommation de tabac, de 10% la consommation d'alcool, de 30% la consommation de sel, de 25% l’hypertension artérielle (HTA) et stabiliser la prévalence de l'obésité et du diabète.

Maladies cardio-vasculaires, maladies pulmonaires chroniques, cancers et diabète : 16 millions de décès par ces causes pourraient ainsi être évités dans la tranche d’âge des 30-69 ans, et 21 millions chez les plus de 70 ans, d’après les scientifiques de l’Impérial Collège de Londres.

« Ces résultats sont impressionnants. Ils nous montrent que contrairement aux idées reçues, la prise en charge des individus par eux-mêmes et les mesures de prévention se révèlent aussi importantes que la médecine pour améliorer la santé », affirme le Pr Daniel Thomas, cardiologue à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière, à Paris.

 

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