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Comportement suicidaire des personnes âgées : le rôle d’une petite zone cérébrale en question

le 09 mai 2011

[maisons-de-retraite.fr] Pour la première fois, une étude coordonnée par Sylvaine Artero, chargée de recherche à l’Inserm, établit un lien entre l’atrophie d’une petite zone cérébrale qui relie les deux hémisphères cérébraux et les comportements suicidaires. Détails.

Chargée de recherche à l’Inserm, Sylvaine Artero vient de mettre en évidence, en collaboration avec des chercheurs australiens, un lien entre une atrophie de la partie postérieure du corps calleux, la principale commissure reliant les hémisphères cérébraux, et les comportements suicidaires.
   
 Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont comparé les mesures du corps calleux de 435 sujets de 65 ans et plus issus de la cohorte ESPRIT. Les personnes ont été répartis en trois groupes : les sujets ayant déjà fait au moins une tentative de suicide (21 personnes), les sujets dépressifs mais n’ayant jamais fait de tentative de suicide (180 personnes) et les sujets ni dépressifs, ni suicidants (234 personnes). Grâce à l’imagerie par résonance magnétique (IRM), il a été montré que la partie postérieure du corps calleux était significativement plus petite chez les suicidants (219,5 mm2) par rapport aux témoins sains (249,5 mm2) mais aussi aux témoins dépressifs (245,5 mm2).
 
 Cette étude démontre donc l’existence d’anomalies structurales du corps calleux associées aux comportements suicidaires chez des sujets âgés mais la relation de cause à effet entre une atrophie du corps calleux et la survenue de comportements suicidaires reste encore à confirmer.
 
 Les chercheurs émettent ainsi l’hypothèse d’un rôle possible du corps calleux dans les mécanismes fonctionnels entrainant des conduites suicidaires. L’équipe envisage de généraliser ce premier résultat, notamment par l’étude de la taille du corps calleux de sujets plus jeunes. Pour les chercheurs, la confirmation de cette observation structurale dans d’autres populations désignerait le corps calleux comme un des biomarqueurs potentiels de la vulnérabilité aux conduites suicidaires.
 
 Les résultats de cette étude sont disponibles depuis le 2 mai 2011sur le site internet de la revue Biological psychiatry.