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Maladie d'Alzheimer

Alzheimer: la recherche française poursuit sa progression

le 16 juillet 2012

[APM] Avec 166 projets de recherche financés depuis son lancement, certains des objectifs du Plan Alzheimer 2008-12 en matière de recherche ont déjà été dépassés, selon le bilan réalisé hier par le comité de suivi, à six mois de sa fin programmée.

A l'issue de sa 13ème réunion, le comité de suivi du Plan Alzheimer a dressé hier un bilan positif de l'avancement des projets de recherche.
Entre la création d'une fondation scientifique, les appels à projets de l'Agence nationale de la recherche (ANR) et ceux du programme hospitalier de recherche clinique (PHRC), les outils mis en place par le Plan Alzheimer pour structurer la recherche commencent à porter leurs fruits et la production scientifique française sur la maladie d'Alzheimer progresse.
Le nombre d'articles publiés dans des journaux d'impact supérieur à 20 est passé d'entre trois à sept par an jusqu'en 2008, à 10 par an à compter de 2009. La participation de la France à la recherche clinique sur clinicaltrials.gov a progressé de 2,5% en 2006 à 3,5% en 2011, soit une augmentation de 40%.
A six mois de la fin du plan, 166 projets de recherche ont été financés. Ils ont mobilisé 167 nouveaux chercheurs.
L'ANR a financé des projets à hauteur de 27 millions d'euros au lieu des 20 millions initialement prévus, malgré un démarrage difficile, les projets concernant Alzheimer n'étant pas sélectionnés au début du plan. Ce redressement a été possible "grâce à la création en 2010, d'un appel à projets spécifique de la maladie d'Alzheimer (Malz) à l'ANR et également à l'accompagnement méthodologique des équipes par la Fondation du Plan Alzheimer pour répondre aux appels d'offres", commente à l'APM Florence Lustman, responsable du suivi du plan.
Le bilan de la recherche réalisée dans le cadre du PHRC est plus mitigé : 44 projets ont été sélectionnés pour un coût de 20,3 millions d'euros sur les 36 millions prévus par le plan. L'examen de 16 projets PHRC Alzheimer a été reporté à septembre pour raisons techniques (informatisation de la procédure de relecture).

UNE FONDATION AUX MANETTES DE LA RECHERCHE
La Fondation de coopération scientifique, créée en juin 2008, est la pierre angulaire de l'axe recherche du plan. "Nous avons tenté d'équilibrer les thèmes de recherche biologique, médicale et psycho-socio-économique", précise le Pr Joël Menard, président du conseil scientifique de la fondation, contacté par l'APM.
En génétique, les objectifs ont été dépassés. Un programme de génomique dirigé par la France à partir de 20.000 sujets a permis, dans un premier temps, la mise en évidence de deux nouveaux gènes de susceptibilité puis une méta-analyse pilotée par la France en a fait émerger huit autres.
La fondation a été à l'initiative de la création d'un projet international de recherche en génomique qui dispose aujourd'hui de l'ADN de près de 40.000 patients. Issu de la fondation, le centre national de référence sur les malades jeunes, en plus de son rôle d'orientation, recrute ces patients particuliers, qui présentent, plus souvent que le reste des malades, des formes héréditaires d'Alzheimer, pour rechercher les déterminants précoces de la pathologie.
La recherche en sciences humaines et sociales a peiné à décoller, malgré les appels d'offres: sur 10 projets prévus, seulement cinq ont démarré. "Le poids de cette maladie était globalement sous-estimé, rappelle Joël Ménard. Par exemple, au début du plan, la sexualité des patients atteints d'Alzheimer ne faisait l'objet que de 65 références scientifiques internationales contre des milliers pour celle des patients atteints d'un cancer".
QUEL AVENIR POUR LA FONDATION ?
A six mois de la fin annoncée du plan, se pose la question de la pérennité de la Fondation scientifique. Pour Florence Lustman, elle est assurée par l'ouverture de la structure à des fondateurs privés. Astra Zeneca, MSD-Chibret, Servier et Sanofi-Aventis sont les quatre laboratoires fondateurs. Chacun a versé 5 millions d'euros à la fondation et siège au conseil d'administration. Seuls les produits générés par ce capital pourront être dépensés, ce qui correspond environ à 1 million chaque année.
Pour l'heure, il reste de l'argent public dans les caisses. Mais Joël Ménard confie: "Si le gouvernement ne réalloue pas de fonds à la fondation, sa survie est en péril. Nous ne pourrons pas financer de recherches avec un budget d'1 million d'euros par an. Or j'estime que le boulot n'est pas fini puisque nous n'avons ni trouvé de traitement, ni élucidé les causes de la maladie".
Volet recherche du Plan Alzheimer 2008-12 sur le site du plan

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  Article publié le 13 juillet 2012

vib/ab/APM polsan
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